Brassens par Brassens

France 3 a récemment diffusé un documentaire de Philippe Kohly, « Brassens par Brassens ».

Par la voix de Sandrine Kiberlein, le réalisateur présente Georges Brassens (1931 – 1981) comme « le grand chêne de la chanson, le La Fontaine du vingtième siècle, homme libre, force tranquille ».

« Brassens par Brassens » associe les chansons aux épisodes de sa vie qui les ont fait naître. Né et grandi à Sète d’un père de tendance anarchiste et d’une mère immigrée italienne profondément catholique, il quitte sa ville natale après à avoir été condamné à de la prison avec sursis pour un vol de bijoux. Son père va le chercher au commissariat de police et lui dit simplement : « As-tu besoin de quelque chose ? » Naissance de la chanson « la mauvaise réputation ».

Brassens travaille comme ouvrier chez Renault puis, en 1943, dans le cadre du STO (Service du Travail Obligatoire), chez BMW en Allemagne. Début d’amitiés qui dureront toute une vie. Naissance de la chanson « les copains d’abord ».

Après la guerre, Il vit Impasse Florimont, dans le quatorzième arrondissement de Paris, chez Jeanne Le Bonniec et son mari Marcel qui subviennent à ses besoins. Jeanne croit en lui. Marcel ne lui tient pas rigueur d’avoir été l’amant de sa femme. Naissance de la chanson « L’Auvergnat ».

En 1947, Brassens rencontre Joha, une Estonienne débarquée à Paris. Ils ne se quitteront pas jusqu’à la fin de sa vie, mais il ne voudra pas d’enfant d’elle et ne l’épousera pas. « J’ai l’honneur de ne pas demander ta main ».

En 1952, Brassens rencontre Patachou, qui deviendra son amante et son pygmalion. Le succès arrive. Naissance de la chanson « Gare au Gorille ». Les récitals s’enchaînent dans toute la France. Son succès comme chanteur embarrasse Brassens, qui se rêvait en homme de lettre et a publié un roman en prose sans lecteurs. J’ai un talent pour agencer les mots, disait-il, mais je suis un poète mineur dans un art mineur.

Georges Brassens vantait l’anarchisme de son père, « un respect de l’autre, une certaine attitude morale, une espèce de volonté de noblesse, une suppression de la hiérarchie ». Et Philippe Kohly loue, chez Brassens, « un mode d’être totalement soi-même, au mépris des diktats de l’époque. »