Christophe, les vestiges du chaos

Le récital de Christophe, « les vestiges du chaos », offre au spectateur un moment d’étonnement et de découverte.

Sur la scène du Pin Galant, la grande salle de spectacle de Mérignac, Christophe est entouré de six musiciens remarquables : deux guitaristes, un contrebassiste et deux spécialistes de musique électronique, dont un saxophoniste. C’est une explosion de décibels et de lumières. Un piano est placé au milieu de la scène : le chanteur y jouera une partie du récital.

Les nostalgiques d’Aline (qui n’est jamais revenue, dit Christophe !) pourront être déçus. Christophe n’est pas un crooner sur le retour. C’est un créateur. Les sonorités des « vestiges du chaos » sont d’aujourd’hui.

Christophe parle de l’ordinateur, de la palette de sonorités à laquelle il donne accès. « C’est le chaos lumineux, disait-il à Libération, le chaos positif, de la baise, de l’amour. » Il est à l’affût, cherche à capturer des sons. Il emporte un micro avec lui pour ne rien laisser passer.

La musique vient à lui. Il ne la crée pas, et pour cela il ne se considère pas comme un chanteur ou un musicien. Elle vient à lui et il se contente de la cueillir. Instinctif, a le don de ne pas laisser passer les fulgurances. Il les capture en forme de « yops », le chant en yaourt sans paroles. Les paroles viennent ensuite. Si elles ont du sens, tant mieux ! mais c’est la sonorité des mots, leur beauté formelle qui prime : c’est pourquoi le mot « ennui » revient si souvent dans ses chansons.

Christophe est au cœur d’un réseau de créateurs venus de milieux différents, comme le musicien Jean-Michel Jarre ou la cinéaste Sara Forestier. Il vit entre Paris, Tanger et son voilier. Sur scène à Mérignac, il savoure un verre de Bordeaux. Le spectateur d’un soir sort du concert profondément ému, car il lui a été donné de s’introduire dans un monde sonore absolument original, plongeant ses racines dans des univers cosmopolites.

Quelques vers de la chanson titre, « les vestiges du chaos » :

« Tu m’as tatoué sur la peau

Tous les vestiges du chaos

Dans tes yeux qui rêvent de précipice

Tu glisses, tu verses

Tous les vices »

Photo tirée de Libération, 2015.