La Strada

« La Strada », film de Federico Fellini (1955) avec dans les rôles principaux Anthony Queen et Giuletta Massina, reste, six décennies plus tard, un sommet de l’art cinématographique.

Gelsomina (Giuletta Massina) vit avec sa famille dans l’extrême pauvreté. Lorsque Zampano, un artiste forain minable, donne à sa mère 10 000 lires (environ 100€ d’aujourd’hui) pour « acheter » la fille et en faire la comparse de ses numéros. Gelsomina est ambivalente : terrifiée à l’idée de quitter sa famille et de se livrer aux mains d’un homme aux allures d’ours mal léché ; excitée à l’idée de la nouvelle vie qui l’attend, pleine de musique et de danse.Gelsomina et Zampano prennent la route (la strada), à bord d’un tricycle motorisé d’âge canonique qui sert, vaille que vaille, de moyen de transport, de coffre et de dortoir. Gelsomina apprend vite son métier d’artiste. Elle adore jouer de la trompette, se grimer en clown, apprendre le métier d’artiste. Mais elle ne supporte pas la cohabitation avec Zampano, non pas tant pour sa brutalité animale que pour son refus de la regarder, d’entrer avec elle dans une relation de personne à personne, pour ne pas dire d’homme à femme.

 

Gelsomina fugue. Elle rencontre un funambule, Il Matto (le fou, joué par Richard Baschart) qui prend un malin plaisir à provoquer Zampano et à le tourner en ridicule. Zampano récupère sa comparse et la force à continuer à ses côtés. Gelsomina hésite, décide de poursuivre la route avec lui. Mais lorsque Zampano tue Il Matto, elle sombre dans la folie. Et Zampano découvre, trop tard, le trésor qui partageait sa vie, une partie de sa vie.

La musique de Nino Rota, accompagne l’histoire de Gelsomina, Zampano et Il Matto. C’est elle qui, des années après qu’il l’eut laissée sur le bord de la route, dans un froid paysage de montagne, remet Zampano sur la trace de Gelsomina.

C’est l’ambivalence permanente de Gelsomina, tour à tour clown triste et enfant émerveillé, qui fait la force de ce film dont le dernier protagoniste, Anthony Queen est mort il y a plus de quinze ans.