L’art du pastel

À Paris, le Petit Palais présente jusqu’au 8 avril une belle exposition intitulée « l’art du pastel, de Degas à Redon ».

À vrai dire, la référence à Degas et Redon semble abusive, car peu d’œuvres de ces artistes sont exposées. Il aurait mieux valu se référer à Marie-Louise Vigier-Lebrun, dont le portrait de la princesse de Raziwill, exécuté en 1800 ou 1801, ouvre l’exposition.

Le pastel était une technique très appréciée au dix-huitième siècle, en particulier par les femmes artistes, que les préjugés tenaient à l’écart de la peinture à l’huile. Elle refit surface dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle, comme banc d’essai pour des œuvres destinées à être réalisées à l’huile, ou bien directement comme œuvre d’art à part entière.

Odilon Redon, le Christ du silence

C’est que « le pastel produit une fraîcheur et un éclat que la peinture à l’huile ne permet pas », dit Gaëlle Rio, commissaire de l’exposition. L’exposition des pastels de la collection du Petit Palais rend justice à cette forme d’art méconnue.

Il est rare que ces œuvres soient exposées, et plus rare encore qu’elles soient prêtées pour des expositions, en raison de leur fragilité. L’exposition au Petit Palais constitue donc un événement. Elle est aussi intéressante car elle permet de voir les grands courants qui ont traversé la peinture au dix-neuvième siècle, du réalisme des portraits de Mary Cassatt à l’impressionnisme de Berthe Morisot et au symbolisme d’Odilon Redon.

L’exposition permet de découvrir des artistes peu connus, comme le symboliste Charles Léandre, symboliste dont le pastel « Sur champ d’or » illustre l’affiche de l’exposition. J’ai aussi aimé le pont de Suresnes de Jean-Baptiste Carpaux (vers 1845), Berthe de James Tissot (vers 1883), les lieuses d’herbe de Léon-Augustin Lhermitte (vers 1897), les Midinettes de Théophile Alexandre Steilen (vers 1907), le Christ du silence d’Odilon Redon (entre 1890 et 1907), la Sauvageonne de Caroline Baily (1909).

Jean-Baptiste Carpaux, le pont de Suresnes

James Tissot, Berthe

Caroline Baily, la Sauvageonne