Mulholland Drive

Arte TV a récemment diffusé « Mulholland Drive », un film de David Lynch réalisé en 2001.

 Dans un club de Los Angeles nommé “El Silencio”, deux femmes (jouées par Naomi Watts et Laura Harring) assistent, bouleversées, au récital de la chanteuse Rebekah del Rio qui interprète « llorando » (pleurer). Lorsque la chanteuse s’évanouit sur scène, la chanson et l’orchestre continuent sans elle. Tout est en play-back. Il n’y a pas d’orchestre, dit le monsieur Loyal de la soirée. Tout est faux, tout est illusion.

 C’est donc dans un labyrinthe de miroirs que se meuvent les personnages de ce film, et ce n’est pas un hasard si celui-ci emprunte son nom à un boulevard d’Hollywood. Les actrices tentent de se forger image et célébrité. Les metteurs en scène se soumettent au casting de producteurs mafieux. Un tueur à gage maladroit est obligé d’achever une femme victime d’une balle perdue puis un homme d’entretien dont l’aspirateur explose, déclenchant une alarme incendie. Tout est faux !

Diane Selwyn (Naomi Watts) est une actrice ratée, trahie par son amante Camilla Rhodes (Laura Harring) qui flirte avec le réalisateur d’un film dont elle convoite le premier rôle (Justin Theroux). Elle se rêve comme Betty Elms, une jeune actrice acclamée. Elle imagine qu’une jeune femme réchappée d’un accident (Laura Harring) se glisse dans sa vie sous le nom inventé de Rita (comme Rita Hayworth), qu’elle l’aide à retrouver son identité, qu’elles deviennent amantes. Rita passe sous la domination de Betty. Diane, l’actrice trahie par son amante, se venge dans un cauchemar onirique.

 Le film dure 2h27minutes. Beaucoup de spectateurs s’impatientent, ne supportent pas d’être ballotés par une intrigue qui les dépasse et qui ne trouve un bout de cohérence que dans les dernières séquences. Ceux qui acceptent de flotter comme un bouchon dans le tourbillon de sons et d’images sont entraînés dans un territoire de pure poésie.