Transhumances

Frères migrants

Dans son essai « Frères migrants » (Seuil 2017), Patrick Chamoiseau plaide pour un nouveau regard sur les migrants, au nom d’une « mondialité » opposée à la mondialisation néo-libérale.

Il y a un paradoxe dans le rejet de l’immigration par de vastes secteurs de l’opinion en Europe. « Les États-nations d’Europe (…) qui ont tant migré, tant brisé de frontières, tant conquis, dominé, et qui dominent encore, veulent enchouker à résidence misères terreurs et pauvretés humaines. Ils prétendent que le monde d’au-delà de leurs seules frontières n’a rien à voir avec leur monde. »

Migrants ? Ou prolétaires nomades ?

Le livre du philosophe Alain Badiou, « méfiez-vous des blancs, habitants du rivage » offre une stimulante réflexion sur la question « dite des migrants ».

Une actualité chasse l’autre : le Covid-19 prend toute la place. Nous voici confinés et autocentrés. Pourtant, des centaines de milliers de « migrants » piétinent aux portes de l’Europe.

Covid-19

Est-il utile d’ajouter quelques lignes au torrent de commentaires et de témoignages qui accompagnent la crise du Covid-19 ? « Transhumances » ne peut rester sur son Aventin. Voici donc quelques réflexions personnelles.

J’ai pris tardivement la mesure de la gravité de la menace. Jusqu’à l’entrée en stade 3 de la lutte contre l’épidémie, je pensais qu’une haute priorité devait être accordée au maintien du lien avec les plus fragiles. Le sentiment de faire partie d’une communauté rend les personnes plus fortes, plus résistantes à la maladie. Priver de visite les pensionnaires d’un Ehpad, par exemple, me semblait déraisonnable puisque le port de masques et l’usage de désinfectant limitait les risques.