Quelques bonnes nouvelles

Alors que télévisions et journaux nous inondent quotidiennement de mauvaises nouvelles (pollution, chômage, terrorisme, populisme, etc.), il est rafraîchissant d’avoir à l’esprit quelques bonnes nouvelles.

C’est ce qu’a choisi le chef économiste de Deloitte, Ian Stewart, dans le numéro du 7 août de son « Monday Briefing », auquel il est possible de s’abonner gratuitement. Ses bonnes nouvelles sont souvent centrées sur le Royaume Uni, mais elles se vérifient dans de nombreux pays.

« La qualité de l’air s’améliore. L’utilisation de technologies de production d’énergie plus propres et plus efficientes a contribué à une diminution de 69% des émissions d’oxyde d’azote depuis 1970, une baisse de 96% des émissions d’anhydride sulfureux et de 70% des émissions de particules de matière.

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Au Bouthan, pays du « Bonheur national brut »

« Le niveau des fractures de la hanche, une blessure handicapante et douloureuse, n’a cessé de diminuer. Une étude américaine a montré qu’il a baissé de 15 à 20 pour cent chaque décennie depuis trente ans (…)

« Les taux de suicide ont décliné dans toute l’Europe et dans le monde développé. Au Royaume-Uni, l’incidence du suicide a baissé de 39 pour 100.000 habitants en 1960 à 11,4 en 2012. Il semble qu’une plus grande conscience des problèmes de santé mentale et l’amélioration des soins soient derrière la baisse du taux de suicide (…)

« Au niveau mondial, la pauvreté recule. La Banque Mondiale suit les taux de pauvreté mondiaux depuis 1990. En définissant l’extrême pauvreté comme la proportion de la population qui vit avec moins d’1,90 dollars par jour à prix constant, elle estime qu’en 1960 37,1% de la population mondiale vivait dans la pauvreté. En 2012, le pourcentage était descendu à 12 ,7% (…) »

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L’épopée de « Solar Impulse »

Ian Stewart énonce d’autres bonnes nouvelles : la diminution du recours au tabac et aux stupéfiants chez les jeunes de moins de 24 ans au Royaume Uni ; la baisse du taux d’accidents de travail ; le moindre nombre d’accidents de la route.

Conscient de ce que le PNB (produit national brut) n’est pas en soi un indicateur du « bonheur national », le bureau britannique des statistiques (ONS), l’homologue de notre INSEE, interroge depuis 2011 les Britanniques sur leur perception de leur état de satisfaction face à la vie : leur vie mérite-t-elle d’être vécue ? Depuis 5 ans, cet indice s’est sensiblement amélioré. Mais il est vrai que la durée d’observation est brève, que 2011 était une année de reprise économique d’après-crise, et que les résultats de la même enquête seraient peut-être différents dans d’autres pays, notamment la France.

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Au Vietnam, des écoliers sont équipés de casques dans le cadre de la prévention routière

Qu’est-ce qui explique donc la vague de pessimisme qui enveloppe notre pays, malgré les « bonnes nouvelles » exposées par Ian Stewart ? J’y vois personnellement trois raisons majeures : la montée des inégalités, qui enracine dans une partie de la population la conviction que demain sera pire qu’aujourd’hui, pour eux et pour leurs enfants ; la rapidité des changements technologiques, économiques et culturels, qui érodent des protections qu’on croyait définitivement acquises ; le sentiment que notre nation n’est plus aussi grande qu’autrefois et que nos « valeurs éternelles » n’illuminent plus le monde.

Il reste que regarder le vaste monde et non seulement notre pré carré, et considérer les évolutions lourdes au lieu de nous concentrer sur les péripéties de l’instant, est plus que jamais indispensable.

(Les photos illustrant cet article sont empruntées à The Guardian)