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François Mauriac contre son camp

« Mauriac contre son camp », une anthologie d’articles politiques écrits par François Mauriac en sa qualité de journaliste de 1933 à 1968 (Collection Les Rebelles, Le Monde, 2012) fournit un intéressant témoignage sur l’évolution d’un intellectuel catholique au vingtième siècle.

 Fils d’une famille bourgeoise girondine, François Mauriac a grandi dans un milieu conservateur et catholique, nationaliste, antiparlementaire, antisocialiste et anticommuniste. On peut ajouter à ces caractéristiques l’antisémitisme. L’affaire Dreyfus trouva son apogée en 1899. Mauriac avait alors 14 ans, et il ne cessera de s’y référer comme un événement structurant pour lui-même comme pour la société française.

Les Anges Noirs

Dans le roman Les Anges Noirs (1936), François Mauriac met aux prises un criminel endurci au bout du rouleau et un jeune prêtre haï de ses paroissiens mais « confiant jusqu’à la folie ».

 Gabriel Gardère a une cinquantaine d’années. Il porte le prénom d’un archange, mais son patronyme évoque un gredin, un homme dégradé ; Gabriel est un ange noir de péché. Alain Forcas est deux fois plus jeune que Gabriel. C’est le curé de Liogeats. Il a accueilli au presbytère sa sœur, qui menait à Paris une vie de débauche : les paroissiens sont convaincus qu’il entretient une prostituée. Ils l’ostracisent et le persécutent. L’abbé Forcas est un mystique, qui vit dans sa chair le mystère de la passion du Christ. C’est un ange noir, pour la soutane qu’il porte et aussi pour l’obscurité de ce qui l’environne.

Mauriac à Malagar

Dans sa propriété de Malagar, près de Langon, François Mauriac (1985 – 1970) trouvait un cadre propice à la création littéraire. Il en a fait le cadre de plusieurs de ses romans.

 L’association Bordeaux Accueille a organisé une visite du domaine de François Mauriac, donné par ses enfants au conseil régional d’Aquitaine en 1985. Il s’agit d’une grande maison sur la crête d’une colline dont les flancs sont principalement plantés de vigne. Ses façades sont orientées nord – sud. Du côté sud, un jardin et un verger descendent en pente douce vers une terrasse d’où l’on peut admirer un paysage vaste et tranquille et, disent les témoins, voir les Pyrénées lorsque des conditions météorologiques exceptionnelles sont réunies.