Une femme sur le toit

Arte TV a récemment diffusé « Une femme sur le toit », film réalisé en 2022 par la cinéaste polonaise Anna Jadowska.

Mirka (Dorota Pomykala), sexagénaire, vit chichement dans un appartement HLM avec son mari Julek (Bogdan Koca) et leur fils Mariusz, un trentenaire qui n’a pas encore pris son indépendance. « Vivre avec » est d’ailleurs un mot exagéré : les conjoints font chambre à part et leurs temps professionnels sont disjoints. Julek travaille de jour ; Mirka, de nuit dans une maternité. Continuer la lecture de « Une femme sur le toit »

Compostelle

Dans Compostelle, le réalisateur Yann Samuell suit pas à pas la « marche de rupture » sur le chemin de Saint-Jacques qu’un jeune délinquant a accepté d’effectuer pendant trois mois sur 2 000 kilomètres en alternative à la prison.

Ce jeune se nomme Adam (Julien Le Berre). Il a dix-sept ans et est rongé par la colère d’avoir été abandonné par sa mère, une colère qui se mue parfois en une violence irrépressible. Le chemin qui s’ouvre devant lui pour enfin obtenir la reconnaissance et le respect : la criminalité, les braquages, la drogue. La juge lui offre « une dernière chance » : marcher du Puy en Velay à Compostelle accompagné d’un adulte recruté et supervisé par l’association Seuil, dont le slogan est « marche et invente ta vie ». Continuer la lecture de « Compostelle »

Oslo, 31 août

Dans « Oslo, 31 août », le réalisateur danois et norvégien Joachim Trier raconte l’errance d’un homme qui retourne en ville au terme d’une cure de désintoxication.

Dans la première scène du film, Anders (Anders Drielsen Lie), 37 ans, tente de se suicider par noyade. Au centre de santé où il se sèvre de sévères addictions, nul ne se rend compte de sa détresse. Comme il est « clean » et qu’il a un rendez-vous d’embauche, on lui accorde une permission de sortir.

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Hanoucca, la lumière qui oblige

« Transhumances » reproduit ici, avec son autorisation, une réflexion de Youri Vertongen sur l’attentat de Sydney contre la communauté juive. Ce texte m’a été transmis par une amie de Belgique.

Hanoucca n’est pas une fête de la victoire des forts. Elle n’a jamais célébré l’écrasement d’un ennemi, ni la jubilation de la domination retrouvée. Elle commémore autre chose. Quelque chose de plus subtil, de plus fragile et certainement de plus exigeant : la persistance d’une lumière quand tout, politiquement et matériellement, semblait voué à l’extinction. Une lumière modeste, presque dérisoire. Une fiole d’huile oubliée dans les ruines d’un Temple profané. Une lumière qui ne triomphe pas par la force, mais par l’obstination. Oserait-on dire par la résistance. Continuer la lecture de « Hanoucca, la lumière qui oblige »