Régulation carcérale en Angleterre

En août 2025 a été publié à Londres un rapport indépendant sur la capacité des prisons en Angleterre et au Pays de Galles (Independent review of prison capacity). Il s’interroge sur les raisons pour lesquelles « l’offre » de places de prison (le nombre de places disponibles) et la « demande » (le nombre de places nécessaires pour loger les prisonniers décemment) ne se sont jamais ajustées.

La situation des prisons outre-Manche ressemble à beaucoup d’égards à celle qui prévaut en France. Il y a pourtant une différence majeure : là-bas, on considère que le taux de 100% d’occupation est une limite au-delà de laquelle le système s’effondrerait ; ici, on accepte sans souciller que trois détenus partagent une cellule de 9 m², l’un d’entre eux dormant sur un matelas au sol. Continuer la lecture de « Régulation carcérale en Angleterre »

Enzo

« Enzo » raconte quelques mois décisifs dans la vie d’un jeune de 16 ans, à la recherche de soi-même face à ses parents, entre rupture et tendresse.

C’est le dernier film de Laurent Cantet, décédé en avril 2024, quelques mois avant le tournage dans sa ville de prédilection, La Ciotat. Il avait demandé à Robin Campillo de coréaliser le film, et de le mener à bien si les circonstances l’exigeaient. Continuer la lecture de « Enzo »

Il faut voir comme on se parle

Dans « il faut voir comme on se parle, manifeste pour les arts de la parole » (2023), Gérald Garutti, connu comme homme de théâtre en France et au Royaume Uni, s’insurge contre le dévoiement de la parole lorsqu’elle ne vise qu’à démolir l’adversaire et appelle à la conjonction de ceux qui travaillent avec méthode à rendre à la parole son rôle de lien pour la société.

« Nous vivons, écrit Garutti, dans un monde de bruit et de fureur. Un monde de TIC1, de clics et de claques. Un monde de rumeurs, de tweets, de bashings et de clashs. D’infox. De swipes, de fakes. De battles, lol et de likes. Un monde digital où l’on montre du doigt. Où l’on met à l’index. Où l’on tranche du pouce. Où l’on cloue au pilori planétaire. Un monde de réseaux, où l’on tue pour un mot. » Continuer la lecture de « Il faut voir comme on se parle »

Les Salaziennes

En 1839, le jeune Auguste Lacaussade, né à l’Île Bourbon (aujourd’hui La Réunion) en 1815, publia à Paris un recueil de poésie appelé Les Salaziennes.

 Les parents d’Auguste, Pierre-Augustin et Fanny, habitaient La Rivière du Mât, à l’entrée du Cirque de Salazie, un espace tourmenté entouré de « remparts » (falaises verticales). Son nom, Salazie, est d’origine malgache. De nombreux esclaves « marrons «  (fugitifs) s’y étaient réfugiés ; parmi eux, Anchaing, que Lacaussade orthographie Anchaîne, rimant ainsi avec les chaines qu’il avait fuies. Continuer la lecture de « Les Salaziennes »