Sexualité et prison

Dans « Sexualité et prison, désert affectif et désirs sous contrainte » (Max Milo, 2009), le sociologue Arnaud Gaillard explore l’impact de l’emprisonnement sur la manière d’exister corporellement de ceux et celles qui la subissent.

La sexualité ne se réduit pas à l’usage des organes génitaux. L’auteur la définit  comme « un désir, analysable comme le ressenti conscient ou inconscient d’un besoin de l’autre comme objet d’excitation et comme semblable à rencontrer ». Elle commence par un regard, un toucher, une odeur. Continuer la lecture de « Sexualité et prison »

La sentence

La Sentence, roman de Louise Erdrich, a été traduit en français par Sarah Gurcel et publié par Albin Michel. Il a reçu le prix Femina 2023 du roman étranger. La traduction des citations du livre dans cet article est du rédacteur de « transhumances ».

Sentence, en anglais, a deux significations. Le mot veut dire, comme en français, formulation d’une condamnation. L’héroïne du livre, Tookie, a en effet été condamnée à 60 ans de prison pour avoir transporté illégalement un cadavre. Il se trouve que sous les aisselles du macchabée gisaient des quantités de stupéfiants et que, la frontière entre deux états ayant été franchie, l’affaire avait été décidée par un juge fédéral particulièrement sévère.

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Il faut voir comme on se parle

Dans « il faut voir comme on se parle, manifeste pour les arts de la parole » (2023), Gérald Garutti, connu comme homme de théâtre en France et au Royaume Uni, s’insurge contre le dévoiement de la parole lorsqu’elle ne vise qu’à démolir l’adversaire et appelle à la conjonction de ceux qui travaillent avec méthode à rendre à la parole son rôle de lien pour la société.

« Nous vivons, écrit Garutti, dans un monde de bruit et de fureur. Un monde de TIC1, de clics et de claques. Un monde de rumeurs, de tweets, de bashings et de clashs. D’infox. De swipes, de fakes. De battles, lol et de likes. Un monde digital où l’on montre du doigt. Où l’on met à l’index. Où l’on tranche du pouce. Où l’on cloue au pilori planétaire. Un monde de réseaux, où l’on tue pour un mot. » Continuer la lecture de « Il faut voir comme on se parle »

Les Salaziennes

En 1839, le jeune Auguste Lacaussade, né à l’Île Bourbon (aujourd’hui La Réunion) en 1815, publia à Paris un recueil de poésie appelé Les Salaziennes.

 Les parents d’Auguste, Pierre-Augustin et Fanny, habitaient La Rivière du Mât, à l’entrée du Cirque de Salazie, un espace tourmenté entouré de « remparts » (falaises verticales). Son nom, Salazie, est d’origine malgache. De nombreux esclaves « marrons «  (fugitifs) s’y étaient réfugiés ; parmi eux, Anchaing, que Lacaussade orthographie Anchaîne, rimant ainsi avec les chaines qu’il avait fuies. Continuer la lecture de « Les Salaziennes »