Il faut voir comme on se parle

Dans « il faut voir comme on se parle, manifeste pour les arts de la parole » (2023), Gérald Garutti, connu comme homme de théâtre en France et au Royaume Uni, s’insurge contre le dévoiement de la parole lorsqu’elle ne vise qu’à démolir l’adversaire et appelle à la conjonction de ceux qui travaillent avec méthode à rendre à la parole son rôle de lien pour la société.

« Nous vivons, écrit Garutti, dans un monde de bruit et de fureur. Un monde de TIC1, de clics et de claques. Un monde de rumeurs, de tweets, de bashings et de clashs. D’infox. De swipes, de fakes. De battles, lol et de likes. Un monde digital où l’on montre du doigt. Où l’on met à l’index. Où l’on tranche du pouce. Où l’on cloue au pilori planétaire. Un monde de réseaux, où l’on tue pour un mot. » Continuer la lecture de « Il faut voir comme on se parle »

Les Salaziennes

En 1839, le jeune Auguste Lacaussade, né à l’Île Bourbon (aujourd’hui La Réunion) en 1815, publia à Paris un recueil de poésie appelé Les Salaziennes.

 Les parents d’Auguste, Pierre-Augustin et Fanny, habitaient La Rivière du Mât, à l’entrée du Cirque de Salazie, un espace tourmenté entouré de « remparts » (falaises verticales). Son nom, Salazie, est d’origine malgache. De nombreux esclaves « marrons «  (fugitifs) s’y étaient réfugiés ; parmi eux, Anchaing, que Lacaussade orthographie Anchaîne, rimant ainsi avec les chaines qu’il avait fuies. Continuer la lecture de « Les Salaziennes »

Une journée dans la vie d’Abed Salama

« Une journée dans la vie d’Abed Salama, anatomie d’une tragédie à Jérusalem », livre de Nathan Thrall publié en 2023, a obtenu le prix Pulitzer l’année suivante. Il a été traduit par Frédéric Joly chez Gallimard. Les citations incluses dans cet article ont été traduites par l’auteur de Transhumances.

Le 16 février 2012, un autobus transportant des enfants de 3 à 5 ans en sortie scolaire a été percuté par un camion semi-remorque à proximité d’un check-point israélien tout près de Jérusalem. Plusieurs enfants périrent dans l’incendie qui se déclencha dans l’autobus vétuste après le choc. Continuer la lecture de « Une journée dans la vie d’Abed Salama »

Chronique d’étonnement n°100

Je souhaite partager dans « transhumances » ce qui m’a étonné, dans ma vie personnelle comme dans l’actualité.

Pour leur centième édition, les chroniques d’étonnement ont l’honneur d’accueillir un ancien président de la République et nouvel homme de lettres pour la publication de son best-seller « Le prisonnier ». J’ai été étonné de monter un samedi à 5h45 du matin dans une rame de tram aussi remplie qu’un jour de semaine aux heures de pointe. J’ai été impressionné par la révélation que les scientifiques créateurs de la première bombe atomique n’excluaient pas un embrasement total de l’atmosphère. Continuer la lecture de « Chronique d’étonnement n°100 »