Chronique d’étonnement n°116

Je souhaite partager dans « transhumances » ce qui m’a étonné, dans ma vie personnelle comme dans l’actualité.

Dans cet article, je m’émerveille des petits plaisirs de la Boutique de la glace à Maubuisson ; je suis bouleversé par la souffrance des jeunes Marocains prêts à tout pour s’offrir un moment d’Europe à Ceuta; et j’évoque le plaisir ressenti par des milliers de gens venus regarder l’éclipse de soleil sur la plage de Carcans.

Boutique de la glace

Vers 22h en ce creux du mois d’août, des dizaines de femmes, d’hommes et d’enfants attendent patiemment d’être servis à la Boutique de la glace de Maubuisson. Les autres glaciers de la station sont désertés.

Déguster une glace de chez Feuillet est ici un rite incontournable. Prendre sa place dans la longue file d’attente, réfléchir au parfum que l’on demandera et changer plusieurs fois d’avis, avancer d’un pas puis d’un autre, s’approcher enfin des vitrines colorées, cette longue procession fait partie des plaisirs de l’été.

Gingembre, marbre caramel, pastèque, pruneaux armagnac… La Boutique de la glace excite notre imagination autant que nos papilles.

Ceuta

Les 30 et 31 juillet 2026, plus de 50 000 jeunes Marocains sont entrés dans l’enclave espagnole de Ceuta. Plusieurs dizaines y ont perdu la vie, la plupart par noyade.

L’extrême-droite européenne n’a pas manqué de renchérir sur ce qu’elle appelle  submersion migratoire et l’inaction supposée du premier ministre socialiste d’Espagne.

Ce qui frappe, c’est l’immense douleur latente qui a poussé, sur la rumeur d’une ouverture de la frontière, ces jeunes à quitter leur pays et leur famille et à prendre le risque d’une aventure sans lendemain. Le 2 août, Le Monde évoquait leur désillusion « après une traversée éclair en Europe ».

Le Maroc connaît une croissance économique enviable, mais celle-ci ne bénéficie qu’à une minorité. La majorité des jeunes Marocains ne connaît que le chômage ou des salaires étriqués. Pour eux, l’Europe reste un Eldorado à atteindre à n’importe quel prix.

Éclipse

Au lendemain de l’éclipse de soleil du 12 août, le quotidien Sud-Ouest a titré « Éclipse partielle, plaisir total ».

Ce plaisir, les milliers de personnes venues admirer l’éclipse sur la plage de Carcans se le sont mérité. Il a fallu patienter dans un gigantesque embouteillage jusqu’à la station balnéaire où les parkings étaient saturés depuis le début de l’après-midi. Beaucoup ont laissé leur voiture sur un bas-côté et ont marché jusqu’à la dune en tenant d’éviter la circulation. Les cyclistes, bien que nombreux, étaient plus heureux.

Sur la dune ou sur la plage, on a installé les paréos et les parasols sur le sable, on s’est rafraîchi dans la mer, on a sorti les lunettes solaires et on a attendu. Lorsque l’éclipse a commencé, une clameur joyeuse a surgi de cette aréna improvisée. Beaucoup ont sablé le champagne. De tels moments ne s’oublient pas.

Que c’est beau ! s’exclame un garçon de 7 ans en contemplant par les lunettes le disque noir empiéter doucement sur le disque orange. Une petite fille de 5 ans s’improvise journaliste et me demande que je la filme alors qu’elle explique gravement que le disque orange est la lune et le disque noir le soleil… ou plutôt l’inverse !

L’étrangère

Dans L’étrangère, la réalisatrice Gaya Jiji met en scène le combat d’une Syrienne exilée à Bordeaux pour obtenir des papiers, réunir sa famille et sortir du mode survie pour retrouver une vie intime.

Selma (Zar Amir), professeure de français à Damas, a fui son pays pour échapper au régime d’Assad. Elle a laissé à sa mère le soin de son fils Rami, 6 ans. Elle n’a plus de nouvelles de son mari Iyad (Amir Waked), disparu depuis cinq ans dans les prisons du dictateur. Continuer la lecture de « L’étrangère »

Chronique d’étonnement n°109

Je souhaite partager dans « transhumances » ce qui m’a étonné, dans ma vie personnelle comme dans l’actualité.

Dans cet article, je partage mon émotion pour la visite du pape en Algérie ; j’admire la capacité du caricaturiste Gros à caractériser l’action de l’armée israélienne au Liban. Continuer la lecture de « Chronique d’étonnement n°109 »

Fouad Elkoury par Fouad

LCP, la chaîne parlementaire, a récemment diffusé « Fouad Elkoury par Fouad », réalisé par Kamy Pakdel en 2023. Le photographe franco-libanais, né en 1952, raconte sa vie en redécouvrant les clichés qu’il a pris en un demi-siècle de carrière.

La vie de Fouad Elkoury est marquée par les désastres qui ont frappé, et frappent encore, le Liban : la guerre civile (1975 – 1990), l’invasion israélienne et l’exil de Yasser Arafat, l’explosion dans le port de Beyrouth (2020). Ce dernier événement a eu une conséquence directe pour Elkoury : la destruction de sa maison, la décision de vivre dans la montagne du Liban avec un chien adopté et de ne plus photographier d’humains. Continuer la lecture de « Fouad Elkoury par Fouad »