Parthenope

Dans Parthenope, Paolo Sorrentino propose au spectateur un hommage à Naples, sa ville natale (Parthenope pour les Grecs qui la fondèrent), et à la beauté féminine, incarnée par une femme qui porte le nom de cette ville où elle est née.

La majeure partie du film est consacrée à la jeunesse de Parthenope (Celeste Della Porta), étudiante en anthropologie et brièvement tentée par une carrière d’actrice. On la retrouve ensuite (interprétée par Stefania Sandrelli) à l’âge de 73 ans, lorsqu’elle revient à Naples après une carrière universitaire à Trente, dans le nord de l’Italie.

Jeune femme, Parthenope fait tourner les têtes des hommes. « Vous pouvez tout obtenir sans même le demander », lui dit John Cheever (Gary Oldman), son auteur américain préféré, un homme bien plus âgé qu’elle, avec qui une relation d’amour est impossible.

Parthenope n’a peur de rien, pas même de l’amour chargé d’érotisme que lui voue son frère aîné Raimundo (Daniele Renzo), qui le conduira au suicide dans une scène qu’évoque Sorrentino d’une manière sublime. Son travail d’anthropologue la conduit à s’intéresser au miracle de la liquéfaction du sang de San Genaro (Saint Janvier), le patron de la ville de Naples. Elle s’approche de l’archevêque (Beppe Lanzetta), un personnage lubrique qui lui propose de découvrir le trésor du Saint : son propre corps de femme, nu, serti de bijoux.

La relation qui structure la vie de Parthenope est avec le professeur Marotta (Silvio Orlando), un personnage ombrageux qui cache un invraisemblable secret. Il est troublé par la beauté magnétique et lumineuse de la jeune femme, par son esprit de répartie, par son inlassable curiosité.

Paolo Sorrentino dit de son film qu’il évoque « ce qu’une femme, en soixante-treize années de vie, n’a pas pu oublier : la mer de Naples et ses parents, le premier amour candide à la lumière du soleil (…), les rencontres fugaces, extravagantes ou décisives ; la découverte, à l’adolescence, de l’érotisme, de la séduction et du vertige de la liberté, se sentir vivante autant qu’il est possible, en soupirer ; la recherche éperdue de soi-même, les amours ratés ou à peine esquissés, les douleurs qui la plongent dans l’âge adulte, la vie qui s’écoule et l’inexorable passage du temps (…). Naples encore et sa vitalité exaspérante. »

Le baroque effréné du film, l’absence délibérée d’un fil conducteur et l’injonction au spectateur de lâcher prise ont valu au film beaucoup de critiques négatives. Je me suis laissé séduire par la beauté des corps, de la ville, de la mer. J’ai admiré les images. J’ai aimé la musique composée par Lele Marchitelli, et les anciennes chansons d’amour italiennes. J’ai été conquis par Parthenope.

 

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