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Quand Bernard Tapie écrivait de prison

Bernard Tapie, décédé le 3 octobre 2021, a été plusieurs fois condamné à la prison. Il a effectivement été incarcéré du 3 février au 25 juillet 1997, brièvement à la prison de la Santé à Paris, puis à Luynes, près d’Aix en Provence.

 Pendant sa détention, il a écrit un livre, « Librement », publié chez Plon l’année suivante. Il y explique pourquoi il n’accepte pas la sanction qui lui était infligée. Il estime être la victime d’un complot : « la guerre – puisqu’il faut l’appeler par son nom – a commencé lorsque je suis entré au gouvernement en 1992. On aurait pu accepter le reste mais pas que je devienne ministre. C’était bien plus que ces mondes de pouvoirs enchevêtrés ne pouvaient admettre. Le vrai motif de leur coalition était bien mon insupportable singularité. Isolé, j’étais amusant. Engagé, j’étais déjà inquiétant. Populaire, je suis devenu carrément dangereux. »

Clairvaux, d’un enfermement à l’autre

La maison centrale de Clairvaux, prison pour longues peines, fermera à la fin 2022. Elle occupe depuis 1808 le site de l’Abbaye fondée par Saint-Bernard.

Jean-Noël Jeanneney a récemment consacré une  émission de la série Concordance des temps sur France Culture à « Ce que Clairvaux peut encore nous dire ». Il recevait l’historienne Isabelle Huellant-Donat, qui déplorait le projet de destruction des bâtiments carcéraux édifiés dans les années 1970 sur l’emplacement de l’Abbatiale. Elle considère en effet qu’il existe une continuité entre le monastère et la prison, et que raser l’incarnation la plus récente de cette continuité en raison de sa laideur constituerait un affront à l’histoire.

La Nuit des Rois

Dans « la Nuit des Rois », Philippe Lacôte fait vivre au spectateur la nuit de la lune rousse dans une prison africaine. Un caïd vit les dernières heures de son pouvoir et de sa vie ; un jeune homme mourra s’il cesse de raconter des histoires avant que se lève le jour.

 La prison est la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan, la MACA. Le hasard veut qu’elle soit aussi le cadre du programme de justice réparatrice décrit par Thérèse de Villette dans un livre qui a fait l’objet du précédent article de « transhumances ». Deux visions opposées : dans le livre de Villette, l’administration pénitentiaire pilote une innovation ; dans le film de Lacôte, le directeur baptisé Nivaquine (Issaka Sawadogo) et les surveillants sont retranchés dans une pièce et n’ont d’autre alternative que de regarder passivement ce qui se passe ou de tirer dans le tas.