Voyage au bout de la nuit

L’envie de lire « voyage au bout de la nuit » (Folio Gallimard) m’est venue par un professeur de littérature qui comparait l’approche de New York par Joseph Kessel et par Céline.

 J’avais toujours été réticent à pénétrer dans ce livre de 1932, considéré comme l’un des chefs-d’œuvre de la littérature française. J’étais convaincu, et je le reste en partie, que l’histoire a un sens. Le nihilisme de Céline me rebutait. Continuer la lecture de « Voyage au bout de la nuit »

Gloria

Gloria, film du Chilien Sebastián Lelio, est une œuvre attachante qui montre la lutte quotidienne de sexagénaires pour rester amoureux de la vie. Dans le rôle principal, Paulina García a obtenu à Berlin l’Ours d’Or de la meilleure actrice.

 Gloria approche de la soixantaine. Elle est divorcée depuis longtemps et a élevé seule un garçon et une fille qui entrent dans l’âge adulte. Sa vie de célibataire est gênée chaque nuit par les braillements du voisin du dessus, un drogué qui fait des crises d’angoisse. Sa fille est enceinte et a le projet de rejoindre son fiancé en Suède. Elle doit porter des lunettes qui l’enlaidissent et la vieillissent. Continuer la lecture de « Gloria »

L’ombre de ce que nous avons été

Le Glob’ Théâtre de Bordeaux a récemment programmé une pièce de Nadine Perez, « l’ombre de ce que nous avons été », d’après un roman du Chilien Luís Sepúlveda.

 Il est difficile d’imaginer salle plus inconfortable que le Studio du Glob’ Théâtre, entre le quartier des Chartrons et les Bassins à Flot à Bordeaux. Les habitués prennent d’assaut les quelques fauteuils ; les autres sont réduits à s’assoir sur d’étroites planches de bois nu sans dossier. Peut-être fallait-il cela pour apprécier pleinement la pièce de Nadine Perez dans son inconfort. Continuer la lecture de « L’ombre de ce que nous avons été »

Le colonel Chabert

Le roman de Javier Marías, Los Enamoramientos, m’a donné envie de lire « le colonel Chabert », écrit par Balzac en 1832 et publié sous sa forme définitive en 1844.

 Un thème récurrent de l’œuvre de Javier Marías est l’attitude des vivants à l’égard des morts, entre deuil, remords et oubli. Il est fasciné par le personnage du colonel Chabert, donné pour mort après une charge héroïque à la bataille d’Eylau en 1807, miraculeusement rescapé et revenu à Paris dix ans plus tard pour récupérer sa femme et sa fortune. Chabert interroge Rosine, sa femme, remariée en son absence, devenue Comtesse Ferraud et mère de deux enfants : « Les morts ont donc bien tort de revenir ? » Continuer la lecture de « Le colonel Chabert »