À bicyclette dans les dunes

Pédaler sur les pistes cyclables dans les dunes littorales de la Côte d’Argent procure un grand plaisir.

En juillet et août, les pistes cyclables aménagées dans les dunes qui longent la côte Atlantique sur les territoires de Carcans, Hourtin et Lacanau (Gironde) sont très fréquentées.

Elles ne sont pas sans danger. Une famille de cyclistes s’est fixée rendez-vous à un carrefour en bas d’une forte pente et obstrue totalement le passage. Un petit garçon la dévale à toute vitesse en regardant le paysage ; il répond à l’injonction « à droite ! » de ses parents par un énergique coup de guidon à gauche. Des piétons promènent leurs deux chiens sans laisse sur la piste cyclable, et les usagers tentent d’éviter leurs embardées imprévisibles.

Je roule à mon rythme sur une piste étroite, sur laquelle il n’est pas possible de dépasser. Quatre jeunes filles allemandes me suivent à la queue-leu-leu et trépignent d’impatience pour ma lenteur. Un conciliabule s’engage entre elles dans leur langue. Comment dit-on en français : « Monsieur, pourriez-vous vous ranger sur le bas-côté de manière à nous laisser passer, s’il vous plait ? » La réponse remonte peu à peu la file. Au bout du compte, celle qui ouvre leur chemin, et donc qui me suit, s’exprime dans un français impeccable : « Monsieur, pourriez-vous vous ranger sur le bas-côté de manière à nous laisser passer, s’il vous plait ? » Je m’exécute bien volontiers.

Malgré les chiens errants, les gamins intrépides et les bas-côtés, malgré le soleil qui peut taper fort et les côtes souvent raides, pédaler dans les dunes de la Côte d’Argent donne une sensation de bien-être. On est assourdi par le crissement des criquets, pénétré par la fragrance de pins et de plantes de dunes, émerveillé par les jeux du soleil et du sous-bois. Arrivé à l’océan, le corps ensuqué de transpiration, on jouit de l’écume des vagues et du sable chaud. On éprouve un sentiment caractéristique : celui d’être en vacances, vraiment en vacances.