A La Réunion, le Volcan de la Fournaise

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Le Piton de la Fournaise est le sommet de l’Ile de La Réunion (2.632m), c’est aussi un volcan actif qui attire les randonneurs par milliers.

Il faut se lever tôt pour faire la randonnée du Volcan parce que les nuages peuvent l’environner dès la fin de la matinée et pour entreprendre l’ascension avant que le soleil devienne brûlant.

Nous quittons Saint Gilles vers 4h du matin par la magnifique route des tamarins. De nuit, les flancs de la montagne scintillent de milliers de lumières. Le jour s’installe vers 5h et les crêtes se découpent nettement dans une lumière somptueuse. A partir du Tampon, la route est en lacets. Elle conduit à Bourg Murat, un village situé au cœur d’un paysage d’alpages où a été construite une « maison du volcan ». Une route forestière conduit alors au Piton de la Fournaise. A partir de 2000 mètres d’altitude, la végétation se fait plus clairsemée et se résume à des arbustes. Avant de découvrir le cône du volcan, on doit franchir deux falaises d’effondrement, ici appelées « remparts ».  La première donne accès à la « Plaine des Sables », espace recouvert de cendres noires dont émergent des blocs rocheux fantomatiques. La végétation n’y a aucun droit, nous nous trouvons dans un univers lunaire où la pluie ne féconde pas, où le vent n’ensemence pas.

La seconde falaise est le Pas de Bellecombe. Il est 6h du matin et la température est de 6 degrés, bien que le soleil soit déjà relativement haut. Après avoir laissé la voiture, on descend à pied un escalier qui mène à l’Enclos, un immense espace vide, cent cinquante mètres en contrebas, dont le cône de la Fournaise occupe le centre. La végétation est présente à flanc de rempart, et s’efforce de coloniser la « plaine » qui commence à ses pieds. On voit même l’esquisse d’une rivière creusée par l’érosion.

L’ascension de La Fournaise est rude. Depuis l’éruption de 2007 qui a provoqué l’effondrement du cratère Dolomieu de près de 300 mètres, le chemin qui conduit au belvédère contourne le volcan sur plusieurs kilomètres de montées et de descentes. Le mot « chemin » est d’ailleurs inapproprié : un balisage à la peinture blanche indique l’itinéraire à suivre sur des coulées de lave dures ou friables, dont la couleur s’inscrit dans une large palette du noir le plus sombre au rouge vif.

La vue s’étend de l’Enclos défini par le rempart de Bellecombe, où de petits cratères témoignent d’éruptions anciennes jusqu’au Piton des Neiges, à la Roche Ecrite et au Grand Bénare. Le soleil est de plus en plus vertical, mais le vent frais donne une impression de confort qui compense la torture des chevilles et des genoux. Le panorama sur le cratère est un peu décevant. Le volcan est en sommeil. Lors de notre précédente, en 2006, l’observation était fascinante. Des bouches crachaient des gaz en émettant le bruit de réacteurs sur un tarmac. Deux petits cratères s’étaient formés. L’un libérait des gaz, l’autre expulsait de manière épisodique des roches et de la lave en fusion.

Nous revenons au parking de Bellecombe après sept heures de randonnée, de photos, de contemplation d’un paysage grandiose, minéral et comme lunaire. Nous déjeunons d’un cari au restaurant du gîte du Volcan, d’où la vue s’étend jusqu’à la mer, jusqu’à ce que la brume l’environne. Nous revenons à la civilisation par la Plaine des Palmistes, un grand village créole dans un écrin de luxuriante verdure fruit de l’alliance d’une humidité prégnante et d’un ardent soleil.

Photo « transhumances »