A La Réunion, l’Entre-Deux

Lambrequin végétal 3Arts Déco » dans un bar de l’Entre-Deux. Photo « transhumances ».

Le village de l’Entre-Deux, à environ 500 mètres d’altitude dans le sud-ouest de l’Ile de La Réunion, présente une sorte de résumé de ce que l’Ile de La Réunion offre de mieux.

 Le village doit son nom à sa situation entre deux rivières, le Bras de Cilaos, qui ouvre sur le Cirque du même nom, et le Bras de la Plaine, qui arrose Grand Bassin, un site vertigineux apprécié des randonneurs. L’Office de Tourisme, construit dans une ravissante maison créole, est l’un des plus compétents et des plus accueillants de l’île. On nous remet une documentation complète : carte du village, liste des artisans, descriptions des sentiers familiaux et de ceux, plus difficile, qui conduisent au Dimitile, le rempart sud du Cirque de Cilaos. On nous propose enfin une visite commentée du village par Etienne, une figure locale.

 Etienne commente l’histoire du peuplement de La Réunion et de l’Entre-Deux. Il nous explique l’architecture des cases créoles, construites par extensions successives à mesure que la famille s’élargit. Les cases des familles aisées comportent une varangue où l’on prend le frais et elles sont isolées de la chaleur par des plaques de bois de tamarin, les bardeaux. Un lambrequin court le long du toit. Il a une fonction utilitaire : diffracter le flux de pluie tombant du toit et éviter que se forment, près du mur, des poches d’eau stagnante. Il a aussi une fonction décorative. Parfois, il comporte des symboles dont on attend qu’ils conjurent le mauvais sort. Dans d’autres cas, l’objectif est purement artistique : un bar du village est orné d’un joli lambrequin représentant des végétaux entrelacés, dans le pur style Art Déco.

 Pendant la visite, nous croisons de nombreux collégiens, certains répartis par équipes pour un rallye dans les rues du village. Sur la place de la mairie, un monument a été élevé à la mémoire des esclaves et engagés qui travaillèrent ici dans les exploitations agricoles. Au hasard, je relève un nom : Laconstance Clara. Tout près, le monument aux morts rend hommage aux 22 jeunes hommes de l’Entre-Deux morts pour la France pendant la Grande Guerre. Je note au hasard un autre nom : Hoarau Gaston Théodore.

 La végétation est luxuriante à l’Entre-Deux. Tous les fruits et légumes qui poussent sur l’île trouvent ici un climat et une terre favorables. Toutefois, le « coteau sec », qui sépare l’Entre-Deux du Bras de Cilaos, est le terrain de prédilection d’un végétal adapté aux déserts : le choca. Il est devenu emblématique du village : utilisé dans l’artisanat touristique comme dans la cuisine, il fait l’objet d’un festival en juillet qui attire des milliers de personnes.

 Nous nous promettons de passer quelques jours dans un gîte de l’Entre-Deux lors de notre prochain séjour.

Monument en hommage aux esclaves et engagés, l’Entre-Deux. Photo « transhumances ».