À Montjean sur Loire, souvenir d’industrie

Le village de Montjean sur Loire, 3000 habitants, occupe un site paisible et idyllique au bord du fleuve, entre Angers et Nantes.

C’est un village où il fait bon flâner. Des sculptures embellissent la promenade. Un gîte remarquable, le Fief des Cordeliers, permet de passer un weekend en famille ou de célébrer des mariages. Rien ne semble plus éloigné de la culture industrielle que ce lieu paisible.

Pourtant, au dix-neuvième siècle, le village fut le siège d’une activité industrielle. Les falaises dominant la Loire étaient riches en calcaire. À 175m de profondeur se trouvaient des veines de houille. Le fleuve permettait de transporter d’importantes charges de matériaux.

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Le chevalement du puits de la tranchée

C’est ainsi que se développa une activité de production de chaux vive, qui était acheminée par voie fluviale vers la Bretagne toute proche. La chaux était produite par calcination du calcaire. Les fours à chaux étaient des édifices en pierre de forme cylindrique dans lequel le chaufournier superposait des couches de calcaire et de houille et les portaient à une température de 800 à 1000 degrés.

Plusieurs fours à chaux sont conservés à Montjean sur Loire. L’édifice le plus intéressant est toutefois l’enjambement du puits de la tranchée. Il s’agit du puits de la mine de charbon, construit en 1874. Les intervalles ont été découpés selon les critères de l’art gothique, prouvant ainsi que la fascination du dix-neuvième siècle pour le Moyen-Âge avait pénétré très en profondeur dans la société française, bien au-delà d’Eugène Viollet-le-Duc et de Victor Hugo.

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Four à chaux à Montjean sur Loire