Angkor, naissance d’un mythe

Le musée Guimet présente jusqu’au 13 janvier 2014 une exposition intitulée « Angkor, naissance d’un mythe ; Louis Delaporte et le Cambodge ».

 Ce n’est pas une exposition sur les sites d’Angkor, leur contexte historique et artistique, les conditions de leur construction et de leur abandon que propose le Musée Guimet. Il s’agit de raconter comment l’art khmer, totalement inconnu en France au milieu de dix-neuvième siècle, a peu à peu trouvé son public à tel point qu’un temple khmer reconstitué deviendra le clou de l’exposition coloniale de 1931 au Bois de Vincennes.

 

Bas relief d'Angkor, moulé par les équipes de Louis Delaporte

Bas relief d’Angkor, moulé par les équipes de Louis Delaporte

L’artisan de ce succès se nomme Louis Delaporte (1842 – 1925). Il participe à plusieurs expéditions au Cambodge. Excellent dessinateur, il réalisa des croquis précis des monuments, statues et éléments décoratifs qu’il découvrait avec émerveillement, principalement sur les sites d’Angkor Vat et celui, envahi par la forêt, d’Angkor Bayon. Plus tard, il obtint l’ouverture d’un musée Khmer à Compiègne (1874 – 1878), puis du musée indochinois du Trocadéro (1884 – 1924).

Louis Delaporte

Louis Delaporte

 Pour ces musées comme pour l’exposition universelle de 1878, il fit réaliser des moulages de statues et de bas-reliefs. Ils ont un considérable intérêt archéologique, car nombre des œuvres ainsi copiées ont aujourd’hui disparu. Ils causent aussi un véritable choc émotionnel. Si le sens des scènes représentées échappe au visiteur non érudit, et parfois même aux spécialistes, on est ébloui par la virtuosité d’artistes qui ont su glorieusement mêler dieux et humains dans une glorieuse liturgie.

Moulage d'Angkor réalisé par les équipes de Louis Delaporte

Moulage d’Angkor réalisé par les équipes de Louis Delaporte