Apprendre l’arabe

L’apprentissage de l’arabe est un chemin ardu qui traverse des régions arides.

A la suite d’une fracture du fémur et de la rotule consécutive à un accident de moto, j’avais constaté que la rééducation n’est pas un processus linéaire. Des journées d’exercices épuisants et douloureux s’écoulent sans que la jambe veuille bien fléchir. Il arrive même que l’on régresse et que les résultats chèrement acquis se trouvent soudain annulés, nous plongeant dans le découragement. Et puis, un beau matin, sans raison apparente, on gagne soudain plusieurs degrés de flexion, et on se sent exalté comme si les lendemains allaient chanter.

En Egypte, la société de transport applique à la lettre l'instruction d'écrire "interdit de fumer" en arabe ! Photo The guardian

En Egypte, la société de transport applique à la lettre l’instruction d’écrire « interdit de fumer » en arabe ! Photo The guardian

Trente ans plus tard, je vis la même expérience pour l’apprentissage de l’arabe. Pendant des mois, j’ai appris de la grammaire et du vocabulaire, mais je suis encore incapable de parler, de lire et d’écrire. A ce jour, les outils restent dans leur boîte.

Il faut préciser que l’arabe écrit présente une difficulté particulière. Il n’est généralement pas vocalisé, seules les consonnes étant écrites. Les signes diacritiques manquent (voyelles, absence de voyelles et redoublement d’une consonne). La vocalisation d’un mot se déduit soit du « schème », c’est-à-dire de sa structure interne ; soit de la place qu’il occupe dans la phrase, ce qui commande sa déclinaison ; soit simplement du dictionnaire.

Il en résulte que pour comprendre un texte, il faut repérer au premier coup d’œil la nature des mots , leur fonction dans la phrase et leur morphologie propre. Pour un débutant, c’est comme peindre un plafond quand on vous a retiré l’escabeau !

Par ailleurs, l’arabe n’utilise pas les majuscules, ce qui ne permet pas d’identifier les noms propres. Les phrases sont souvent longues et la ponctuation rare et hasardeuse.

Apprendre l’arabe est comme cuisiner une omelette : il faut touiller énergiquement et sans relâche jusqu’à ce que ça « prenne ». Dans mon apprentissage de l’arabe, j’en suis à la phase du touillage.