Armelle, une heure avec Maria Callas

À l’occasion du quarantième anniversaire de la mort de Maria Callas, la comédienne Armelle l’incarne dans un beau spectacle au théâtre Trianon de Bordeaux.

Écrit et mis en scène par Nicolas Delas, ce spectacle met dans la bouche d’Armelle cinq interviews de Maria Callas (1923 – 1977) réalisées entre 1964 et 1976.

La mise en scène est sobre. Maria/Armelle, en costume de scène, est assise sur un fauteuil, son caniche blanc sur les genoux. À côté d’elle, un tourne-disque sur lequel elle fait entendre certains de ses enregistrements les plus fameux : Norma (1960), Tosca (1953), la Traviata (1953), la Somnambula (1957), la Wally (1954). Dans ses mains, des magazines d’autrefois qui parlent de sa vie de Diva. Derrière elle, un mur nu et cadre de tableau vide, qui évoquent la dialectique vie privée / vie d’artiste.

Du côté de la vie privée, Maria Callas ne cesse de souffrir des conditions de sa naissance : un jour d’hiver, rejetée par sa mère qui espérait un garçon. Le froid, la neige. Pas d’applaudissements, une entrée en scène ratée. Pour complaire sa mère, elle accepte, enfant, une existence de chanteuse professionnelle. Une enfance gâchée. Pour s’attirer l’amour du public, devenue adulte, elle travaille sans relâche, enchaîne spectacle sur spectacle dans le monde entier. Une vie personnelle mise de côté.

Il se déprend du monologue de Maria une grande tristesse, comme si sa vie avait été contrainte, guidée par d’autres, inutile. Mais on la sent aussi passionnée par la musique, possédée par le désir et la volonté de pousser l’art jusqu’au sublime.

Pendant un peu plus d’une heure, Armelle entre dans la peau de la Callas. Elle est habitée par son personnage, s’exprime avec sa diction, avance sur la ligne de crête entre désespoir et accomplissement. Le spectateur est peu à peu gagné par le sentiment qu’il est l’unique dépositaire des confidences d’une femme exceptionnelle.

Un excellent spectacle.