Away we go

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 Le film « Away we go » de Sam Mendes a été généralement fraîchement accueilli par les critiques, qui l’ont trouvé fade en comparaison des Noces Rebelles. Mais en raison de son optimisme et de sa bienveillance, il constitue un excellent divertissement pour la période des fêtes.

Burt et Verona sont des intellectuels quelque peu marginaux, « altermondialistes » dit la féroce critique de Télérama. Ils vivent dans une maison isolée et passablement délabrée près de chez les parents de Burt. Lorsqu’ils leur annoncent qu’ils vont avoir la joie d’être grands parents, c’est la douche froide : ceux-ci se préparent en effet à partir pour deux ans en Europe.

De Phoenix à Madison et de Montréal à Miami, de famille en amis, Burt et Verona se mettent à la recherche d’une communauté de vie où ils se sentiront bien, eux et le bébé. Ils vont de déception en déception. Ici, une famille abrutie de l’Amérique profonde ; là, des illuminés qui prétendent vivre une vie d’où conflits et séparations sont absents ; là encore, un couple qui semble mener une vie débordante de générosité mais est dévoré par la frustration de ne pas avoir pu mettre au monde un enfant. Revenus dans leur maison, Burt et Verona la voient avec un autre regard et se disent qu’ils peuvent y être heureux.

Il y a des moments forts dans le film. Dans un hall d’exposition, Verona et sa sœur se glissent dans une baignoire dos à dos ; la sœur de Verona fait mine de lui appliquer un shampooing et elles évoquent des souvenirs d’enfance. Burt et Verona offrent au couple d’illuminés une poussette pour leur petit garçon ; la femme rejette ce cadeau : « j’aime trop mon enfant pour le pousser, pour le repousser devant moi ! » ; il s’ensuit une scène désopilante : Burt transforme la poussette en bolide et le petit garçon en pilote dans le salon de leurs hôtes scandalisés, transformé en circuit de Formule 1. Couchés sur un trampoline au soir couchant, Burt tente d’arracher à Verona la promesse qu’elle l’épousera. Celle-ci s’y refuse, mais ils échangent des promesses vraies ou saugrenues dans lesquelles se scelle un amour qui résistera au temps.

(Photo du film Away we go)