Benallagate

Le feuilleton de l’été est le « Benallagate », ce scandale d’État qui a vu un proche conseiller du président de la République, Alexandre Benalla, molester des manifestants le 1er mai.

Le débat au Parlement sur la réforme constitutionnelle est interrompu, la commission des lois se constitue en commission d’enquête parlementaire, une motion de censure est déposée. L’affaire Benalla tient opportunément l’opinion en haleine, quelques jours seulement après le Mondial de football.

Il y a du romanesque dans l’affaire Benalla. Le Monde relève un twitt du journaliste Emmanuel Raspiengeas : « Fasciné par les photos qu’on voit émerger, où Alexandre Benalla se révèle omniprésent autour de Macron, à l’avant ou arrière-plan, net ou flou… On dirait un de ces films d’horreur où le héros remarque soudain la présence du fantôme sur des clichés vieux de 20 ans. »

Alexandre Benalla le 1er mai 2018

Le personnage de Benalla lui-même est fascinant : surgi de nulle part, un quartier populaire d’Evreux, il se rend indispensable au président. C’est lui qui ouvre et ferme la villa du Touquet à l’occasion des séjours d’Emmanuel et Brigitte. Ce qu’il demande, appartement, port d’arme, voiture de fonction avec gyrophare, lui est accordé sans barguigner.

Alexandre est ivre de pouvoir. En stage d’observation auprès de gendarmes qui encadrent la manifestation du 1er mai Place de la Contrescarpe, il se fait confier un casque, une radio et un brassard et n’hésite pas à donner des ordres.

Ministres et hauts-fonctionnaires se contredisent, se prennent les pieds dans le tapis.

Il y a là un magnifique sujet de roman et de film. Dès maintenant, c’est une série télévisée qui offre de spectaculaires rebondissements et promet de savoureuses révélations. Et c’est à la presse écrite, plus précisément au Monde, que nous devons ce divertissement estival de qualité.

Montage par Le Monde de trucages trouvés sur les réseaux sociaux : Benalla sur la photo officielle du président, au chevet de Marat assassiné, dans la voiture de Kennedy à Dallas