Bissière, une figure à part

La Galerie des Beaux Arts de Bordeaux propose jusqu’au 15 février une exposition consacrée au peintre Roger Bissière à l’occasion du cinquantenaire de sa mort.

 L’itinéraire artistique de Roger Bissière (1886 – 1964) est lié à son siècle. L’exposition est organisée de manière chronologique, ce qui permet de rendre compte de son évolution personnelle, des influences qui se sont exercées sur lui et des événements qui l’ont touché.

 

Roger Bissière, Crucifixion (1937)

Roger Bissière, Crucifixion (1937)

Bissière a d’abord exercé le métier de critique d’art, et ce n’est qu’après la première guerre mondiale, à l’âge de 33 ans, qu’il fait de la peinture son métier. Pour lui, l’’état de guerre était probablement incompatible avec l’art. De 1940 à 1945, il cesse de peindre et mène une vie d’agriculteur dans sa maison de Boissierette, dans le Lot.

Avant la seconde guerre mondiale, la montée des périls est sensible dans ses crucifixions, dont on sent l’inspiration proche de celle de Picasso, avec des formes angulaires évoquant les masques africains. Après la guerre, il produit des tapisseries d’étoffes faites à partir de matériaux composites, comme des draps ou des rideaux ; son évocation d’Hiroshima est bouleversante, et c’est de nouveau à Picasso (Guernica) que l’on pense.

Dans les années vingt, Bissière est fortement influencé par les cubistes (Braque), mais aussi par Cézanne, Ingres et Corot. De ces maîtres, il a appris comment structurer une œuvre par la couleur plus que par le trait. C’est au contraire le signe dessiné de manière insistante qui marquera son œuvre à partir de 1947, et c’est à Antoni Tàpies que l’on pense.

On trouvera une belle critique de l’exposition, qui avait d’abord été présentée au musée de Loudève, dans le blog « en revenant de l’expo ! ».

 

Roger Bissière, Hiroshima (1945 - 1946)

Roger Bissière, Hiroshima (1945 – 1946)