Cadenassés pour la vie

La coutume de graver son nom et celui de son partenaire en amour sur un cadenas, d’attacher celui-ci au garde-corps d’un pont de Paris et de jeter la clé à la Seine prend de l’ampleur.

 Sur le Pont Marie, à Paris, aucun centimètre de grillage n’est disponible pour témoigner au monde d’un amour que l’on veut éternel. Une mariée japonaise vient s’y faire photographier, sous le regard impassible d’un accordéoniste parisien qui a bien compris l’intérêt de jouer ici une mélodie romantique.

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La rambarde du pont est si convoitée que l’on est réduit à accrocher son cadenas au cadenas du couple précédent. Ainsi Fatima et Roger prennent-ils appui, involontairement, sur le couple de Bryan et Sophie. Leur cadenas sera certainement à son tour utilisé comme support par un autre couple venu d’un autre coin de la planète manifester, dans la ville lumière, son désir d’un amour lumineux et sans fin.

 Ainsi se développent des champignons de cadenas qui symbolisent, dans notre monde si instable, le dérisoire désir de durer.

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