Carol

« Carol », film de Todd Haynes, raconte une histoire d’amour homosexuel entre deux femmes dans l’Amérique puritaine des années cinquante.

Carol Aird (Kate Blanchett) est une grande bourgeoise distinguée, apparemment protégée des vicissitudes de la vie par l’argent et l’appartenance de classe. Derrière son air hautain se cache une immense détresse. Elle est en train de divorcer de son mari Harge (Kyle Chandler) et la lutte pour la garde de leur fillette promet d’être féroce. Noël, fête de famille par excellence, approche, menaçant.

Carol est en crise. Dans un grand magasin, elle a le coup de foudre pour une petite vendeuse, Therese Belivet (Rooney Mara). Therese ne sait pas trop quoi faire de sa vie. Elle aimerait devenir photographe, mais il lui manque un bon appareil, et surtout un bon sujet. Lorsque Carol lui propose de fuguer avec elle en voiture vers l’ouest, elle accepte, subjuguée par cette belle femme mystérieuse et photogénique.

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Harge met un détective privé sur la piste des fugitives. Il tient enfin la preuve de l’immoralité de sa femme. Il gagnera la garde exclusive de leur fille, ou mieux, obtiendra de Carol qu’elle revienne se placer sous le joug conjugal. Carol rompt avec Therese, et celle-ci tente de l’oublier en s’investissant dans son nouveau travail de photographe dans un journal.

« Carol » est un film lent, dans lequel les personnages se parlent peu mais se regardent intensément, respirent leur parfum, s’effleurent, se touchent puis s’étreignent passionnément. Dans le regard de Carole, il y a le désir, et aussi la résignation à ce que ce désir ne puisse se vivre durablement dans la société corsetée de la présidence Eisenhower. Dans celui de Therese, un mélange troublant d’innocence et de force. Le spectateur se laisse, peu à peu, envoûter.

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