Cécile tient bon

La ministre italienne de l’intégration, Cécile Kyenge, est fréquemment l’objet d’insultes racistes. Mais elle tient fermement le cap.

 Dans The Guardian du 8 septembre, Tom Kington évoque la personnalité et le combat de Cécile Kyenge, élue députée au Parlement italien en février dernier et nommé ministre de l’intégration en avril. Depuis sa nomination, elle est l’objet d’attaques virulentes de l’extrême droite et le la Ligue du Nord. On l’a traitée d’orang-outan et de sale singe, on lui a lancé des bananes pendant ses meetings, on a souhaité qu’elle soit violée. On lui reproche de détruire l’identité nationale.

 Le footballeur Mario Balotelli, un élément clé de l’équipe nationale italienne, se heurte au même genre d’hostilité. Il est noir, il est né en Sicile de parents ghanéens. Cécile est noire. Elle est née au Congo, elle est venue en Italie suivre des études de médecin ophtalmologiste et s’est mariée à un Italien.

 Âgée  de 49 ans, Cécile ne se laisse pas décourager. Elle excuse les anciennes générations, qui ont grandi dans une Italie différente de celle d’aujourd’hui, qui accueille sur son sol 4 millions d’étrangers. Elle pense que les jeunes sont plus tolérants, qu’ils comprennent que l’Italie, si riche de trésors culturels, s’enrichit au contact d’autres cultures.

 La Ministre cite l’exemple de la ville calabraise de Riace, qui pour lutter contre la dépopulation accueille des immigrants et les forme à des métiers d’artisans tels que potiers ou souffleurs de verre. Elle travaille à rendre plus facile l’acquisition de la nationalité italienne par les enfants d’immigrants. Elle cherche à améliorer les conditions de logement des familles nomades.

 Ce n’est pas le découragement qui pourrait interrompre l’action de cette femme énergique et combative. Son sort comme ministre est lié à celui du gouvernement de coalition d’Enrico Letta, que les péripéties judiciaires de Silvio Berlusconi rendent particulièrement fragile.