Cinema Paradiso

France 5 a récemment diffusé Cinema Paradiso, film de Giuseppe Tornatore (1988) avec Philippe Noiret dans le rôle principal.

Dans les années suivant la seconde guerre mondiale, dans un village de Sicile, le Cinéma Paradiso est le lieu de la vie sociale sous la houlette du curé, qui avant chaque projection fait couper les scènes qu’il juge trop osées à son goût. On y vient en famille ou avec des copains, on mange, on boit, on fume, on commente, on siffle, on hurle de rire ou de terreur, on se masturbe, on vole des baisers, on dort en ronflant, on réveille les dormeurs en sursaut… Accessoirement, on regarde des westerns, des films d’horreur, des histoires d’amour. L’écran du Cinema Paradiso ouvre sur les stars d’Hollywood, de Paris et de Cinecitta, bref, sur le paradis.

Le projectionniste est Alfredo (Philippe Noiret), un homme d’une soixantaine d’années célibataire et taciturne qui adore le cinéma mais exècre son métier d’esclave enfermé dans une cabine exigüe, exposé au froid, à la chaleur et au risque d’incendie. Il se laisse peu à peu apprivoiser par un gamin de huit ans, Salvatore (Salvatore Cascio), espiègle, astucieux, retors. Il en fait son assistant et lui apprend le métier. Lorsque le cinéma brûle, laissant Alfredo aveugle et incapable, c’est le petit garçon qui prend la relève. Devenu projectionniste, il partage la cabine avec Alfredo devenu son guide et son confident.

Philippe NOIRET (Alfredo), Salvatore CASCIO (Salvatore 'Totò' Di Vita, enfant) Réalisation: Giuseppe TORNATORE

Dix ans plus tard, Salvatore (désormais incarné par Marco Leonardi) est toujours projectionniste. Lorsqu’il tombe amoureux, il vit son histoire à travers le prisme d’Hollywood, et c’est sous l’objectif d’une caméra super-8 qu’il saisit l’être aimé, son visage, son regard, sa façon de se mouvoir.

Vingt ans plus tard, Salvatore (maintenant Jacques Perrin) est devenu un metteur en scène réputé. Il revient au village pour les obsèques de son maître et ami Alfredo. Celui-ci lui avait enjoint de fuir, de réaliser son destin à Rome et de ne plus jamais revenir. Le lendemain des funérailles, le cinéma Paradiso est dynamité pour laisser la place à un parking.

Cinema Paradiso est un film drôle et émouvant. Il offre un formidable hommage au cinéma italien, américain et mondial. Il constitue aussi un témoignage sur la sociologie du cinéma : on allait autrefois au cinéma comme à l’église pour faire quelque chose ensemble ; le cinéma se consomme aujourd’hui individuellement, dans les salles obscures ou devant un écran de télévision.

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