Comme un avion

Avec « comme un avion », Bruno Podalydès nous offre une comédie exquise et délicate.

 Michel (Bruno Podalydès lui-même) est un cinquantenaire à l’âme d’enfant, ballotant sans cesse entre rêve et réalité. De métier, il est infographiste, fabriquant des images de fiction mais soumis à la dure réalité des délais à respecter. Il a la tête pleine des souvenirs de l’Aéropostale et de Mermoz, mais quand ses amis lui offrent un baptême de l’air, il n’a aucune envie de décoller.

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Vimala Pons, Bruno Podalydès, Agnès Jaoui

 

C’est un palindrome, un mot qui se lit indifféremment de gauche à droite et en sens inverse, qui lui offre le moyen de concilier, l’espace d’une semaine de vacances, le rêve et la réalité : KAYAK. Il se trouve que REVER est aussi un palindrome… Michel tombe en émerveillement devant cet objet merveilleux dont la coque évoque le fuselage des avions de l’Aéropostale.

 En secret de sa femme Rachel (Sandrine Kiberlain), il construit son kayak sur le toit de son immeuble et achète le « matos » indispensable : une tente pliable, un pot de Ricoré, un émetteur d’ultrasons mettant en fuite les moustiques femelles… Lorsque celle-ci découvre son secret, c’est elle qui l’encourage à prendre les commandes de son avion sans ailes.

 Michel est épris de Rachel et fasciné par son caractère lumineux. Quand il lui dit au revoir au moment de commencer son expédition, il prend sa tête entre ses mains et contemple longuement son visage. « Tu veux emmener ma tête avec toi ? » lui demande Rachel.

 La descente d’une petite rivière commence, paisible, le vent caressant les feuillages et le soleil dessinant les contours de la futaie à la surface de l’eau. Michel arrive à une guinguette et demande la permission de planter sa tente. La tenancière est Laetitia (Agnès Jaoui), veuve depuis peu et avide d’amour. Sa fille Mila (Vimala Pons) pleure lorsqu’il pleut. Deux personnages improbables sortis tout droit de « en attendant Godot » carburent à l’absinthe et construisent un bac bleu qui permettra à d’improbables passagers de passer à gué.

 Michel ne cesse de revenir, malgré lui, à ce lieu d’absurde poésie où l’on écoute France Culture et où l’on savoure chaque instant de la vie, où les objets les plus banaux, une bouilloire, un fil à linge, prennent une couleur magique ; et où, naturellement, le corps d’une femme est un trésor qu’il faut effleurer.

 « Comme un avion » est une pure création artistique, où tout, prise de vue, répliques, jeu des acteurs, diffuse un sentiment de bien-être. À voir absolument !

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Bruno Podalydès