Danish Girl

Dans « Danish Girl », le réalisateur britannique Tom Hooper s’inspire de l’histoire réelle du premier transsexuel, le peintre danois Einar Wegener devenu Lili Elbe.

L’action se passe à Copenhague, Paris et Dresde entre 1926 et 1931. Einar Wegener (Eddie Redmayne) vit une histoire d’amour avec sa femme Gerda (Alicia Wikander), son épouse depuis 6 ans. Il peint des paysages, elle est portraitiste. Sensibles à la forme des choses et des êtres, ils décident de se prêter à un jeu : Einar assistera à un bal au bras de Gerda, mais travesti en Lili, supposée être sa cousine.

Au bal, Lili est regardée par des hommes. L’identité masculine d’Einar se fissure. Il découvre peu à peu que sa vraie identité n’est pas masculine ; peu à peu, Lili prend possession de chaque moment de sa journée, envahit sa conscience. Pour Gerda, la transformation de son mari en femme constitue une expérience douloureuse qui la ronge et la plonge dans le chagrin. Pourtant, son amour est si fort qu’elle ne peut se résoudre à l’abandonner, malgré la tentation de refaire sa vie avec Hans (Matthias Shoenarts), un ami d’enfance d’Einar, témoin de son attirance précoce pour les vêtements de petite fille.

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Gerda a une autre raison de rester fidèle à Einar – Lili : ses portraits étaient jugés fades, indignes d’être exposés. Lorsqu’elle se met à faire le portrait de Lili, si troublante dans son identité féminine et masculine, elle rencontre un succès international.

Gerda se résout à aider Lili à devenir totalement une femme. Les consultations de médecins ne sont pas encourageantes : ils considèrent Einar comme un pervers, voire comme un schizophrène dangereux à enfermer. C’est finalement un médecin de Dresde, le docteur Warkenos (Sebastian Koch) qui accepte d’opérer Lili et lui donner physiquement le corps de femme auquel elle aspire.

Le jeu des acteurs principaux, Eddie Redmayne et Alicia Wikander, exprime l’intensité du désarroi de deux personnes en prise avec une crise qui touche à leur identité de personnes et de couple. La mise en scène de Tom Hooper, le réalisateur du Discours d’un Roi n’est pas avare de décors et de musiques dramatiques. J’ai particulièrement aimé la reconstitution du port de Copenhague en 1926 et le décor Art Nouveau de la grande maison de Hans.

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