Deuil polonais

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L’écrasement au sol près de Smolensk (Russie) de l’avion du président polonais Lech Kaczynski a provoqué en Pologne une émotion qui n’est pas sans rappeler celle des Britanniques lors de la mort de la Princesse Diana.

Je dois avouer que cet événement ne m’a pas bouleversé dès le premier instant. Je n’aimais pas Lech Kaczynski et son jumeau Jaroslaw. Comme le dit The Guardian, il s’agit de leaders politiques de la droite européenne populiste avec une ligne pré-moderne sur les droits des femmes et des homosexuels. Lech Kaczynski était en faveur de la peine de mort, s’était opposé avec force au traité de Lisbonne, préférait le lien avec les Etats-Unis à l’intégration européenne.

Je n’aime pas non plus l’émotion qui entoure les accidents d’avion. Leur médiatisation me semble exagérée, alors que tant d’hommes, de femmes et d’enfants meurent chaque jour d’accidents ordinaires, de maladies ou de misère.

Toutefois, l’émotion du peuple polonais me touche : le vide à la tête de l’Etat, le sentiment de perdre des dizaines de visages familiers, sinon amis, la blessure de Katyn ravivée (le massacre par les Soviétiques il y a 70 ans de milliers d’officiers polonais). Je suis aussi frappé par l’empathie de l’opinion russe, malgré la méfiance et les malentendus.

Les Nations se construisent de moments forts, heureux et tragiques. Comment ce deuil changera-t-il  la Pologne ?

Photo The Guardian : marée de bougies devant le Palais Présidentiel à Varsovie