Emirates Stadium

La visite de l’Emirates Stadium, dans le nord-est de Londres, vaut le déplacement.

 Le stade est celui du club de l’Arsenal. Pendant la semaine, il accueille des conférences. C’est ce qui me vaut l’occasion d’une visite guidée. C’est un français, Arsène Wenger, qui préside sur ce lieu : bien qu’il soit vivant et encore en fonctions, le manager de l’Arsenal est représenté par un buste en bronze dans la salle VIP. Le guide nous parle de « Mister Wenger » comme d’un dieu.

 Le stade, inauguré en 2006, est l’un des plus vastes d’Angleterre : plus de 60.000 places. L’architecture est moderne et élégante.

 Nous visitons le vestiaire des joueurs de l’Arsenal. « Mister Wenger » l’a conçu avec un designer dans les moindres détails. Il épouse la forme d’un demi-ovale dont le milieu de l’arc est occupé par le siège du capitaine, de manière à favoriser la communication entre les joueurs. L’impression d’ensemble est proche des stalles d’un chœur monastique : chaque siège est ouvert sur l’espace commun aux coéquipiers, mais son espace est marqué par un embryon de cloisons surplombées par un plafond en bois. Il s’agit de permettre aux joueurs de se concentrer, et aussi d’interagir avec leurs coéquipiers. Le local est insonorisé : on est dissuadé de forcer la voix, encouragé à parler doucement.

 Nous ne visiterons pas le vestiaire de l’équipe visiteuse. Mais le guide insiste sur le fait qu’il ne ressemble pas à celui d’Arsenal. Il est de forme carrée, les joueurs ne peuvent pas s’isoler et doivent se déplacer pour parler aux coéquipiers, la sonorité est déplorable, les sièges sont anormalement bas et sont dénués de coussins. Un bon match de football commence par un épisode de guerre psychologique, dans les vestiaires.

 Photo : Emirates Stadium, www.arsenal.com