Epiphanie

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 L’Angleterre est recouverte par une épaisse chape de neige. Il en résulte d’innombrables tracas, mais assister à la transformation soudaine d’un paysage familier en tableau abstrait, sourd et lumineux, est magique : une véritable Epiphanie !

Pendant une bonne partie de la journée du 6 janvier, il a neigé sur le sud de l’Angleterre. La vie quotidienne des londoniens est devenue plus compliquée : l’attente de trains indéfiniment retardés sur des quais de gare glacés, la crèche ou l’école des enfants fermés, des embouteillages inextricables, des vols annulés. L’association britannique des assureurs, ABI, conseille de ne pas attendre au chaud pendant que dégivre la voiture : par dizaines, des bandits se mettent au volant et volent les véhicules !

Malgré les contrariétés, il règne une atmosphère presque joyeuse. En l’espace de quelques heures s’opère une mutation du cadre de vie : les rues sombres, les briques, l’asphalte et le béton s’effacent peu à peu. Un décor immatériel s’installe, lumineux bien qu’écrasé par le ciel bas. Au lieu des angles, des courbes voluptueuses. Le vacarme urbain est absorbé, atténué. Les gros flocons virevoltent lentement et semblent apporter une manne de bonne fortune. Au petit matin, Cassiobury Park est pénétré d’une pâle lumière bleue jusqu’au faîte des arbres chargés de neige.

Epiphanie, fête traditionnellement célébrée le 6 janvier, signifie « Manifestation ».  Un autre pays, d’une blancheur immaculée, s’est manifesté hier. 

(Photo : The Guardian)