Et au milieu coule une rivière

Arte TV a récemment diffusé un film de Robert Redford : « Et au milieu coule une rivière » (1993), avec comme personnage principal une rivière, le Blackfoot, une rivière du Montana, au Nord-Ouest des États-Unis.

Le pasteur presbytérien d’une bourgade du Montana, le Révérend Maclain (Tom Skerritt), a deux passions : la Bible et la pêche à la mouche. Il invite ses deux garçons, Norman et Paul, à écouter sous les flots impétueux et le lit de pierres de la rivière, couler la parole de Dieu.

Devenus adolescents, Norman (Craig Scheffer) et Paul (Brad Pitt) partagent les mêmes aventures, les mêmes amis, et naturellement la même passion pour cette rivière qui irrigue leur vie.

Pourtant, leurs vies vont diverger. Norman part dans une Université de la Côte Est suivre un cursus de littérature. Plus tard, il obtiendra une chaire, se mariera, aura des enfants.

Paul est fantasque. Il travaille dans un journal local, s’enivre d’alcool et de filles faciles, accumule de dangereuses dettes de jeu. Il provoque les bien-pensants en affichant sa liaison avec un Amérindienne, une chose impensable dans les années vingt.

Lorsque Norman, Paul et son père vont ensemble pêcher, le premier s’y prend méthodiquement et ramène plusieurs petits poissons. Le second fait artistiquement tournoyer sa ligne, se laisse entraîner par le courant et attrape un poisson, un seul, mais d’un gabarit exceptionnel.

Norman aimerait aider Paul, dont il sait que ses ennemis menacent la vie. Sa fiancée Jessie (Emily Lloyd) voudrait aider son frère qui, sous les dehors d’un macho conquérant, cache solitude et détresse. Mais rien n’y fait. Le destin les entraîne comme des bouts de bois charriés par le Blackfoot.

« Et au milieu coule la rivière » est un film profondément américain : il est imprégné du sentiment religieux ; il ouvre sur d’immenses espaces dans lesquels l’homme se sent en liberté, en communion avec la nature.