Everybody knows

« Everybody knows », film de l’Iranien Asghar Farhani tourné en Espagne en langue castillane, a fait l’ouverture du Festival de Cannes.

Laura (Penelope Cruz), émigrée en Argentine, revient dans son village, au cœur d’un vignoble au nord de l’Espagne, pour le mariage de sa sœur. Elle est accompagnée de ses deux enfants, un petit garçon et Ana (Imma Cuesta), une adolescente extravertie qui s’éprend rapidement d’un garçon du village.

La fête bat son plein. Elle tourne au cauchemar lorsqu’on constate la disparition d’Ana et que des SMS anonymes annoncent qu’elle a été enlevée et qu’une rançon est demandée.

Paco (Javier Bardem), le propriétaire du domaine qui a accueilli la fête, épaule Laura que l’épreuve désarçonne. On fait venir d’urgence Alejandro (Ricardo Darín), le mari de Laura qui était resté à Buenos Aires. Puisque les ravisseurs ont menacé de tuer Ana si la police était alertée, la famille tente de dénouer la situation par elle-même.

Le problème réside dans les nœuds que l’histoire a serrés au cœur de la famille. Il y a des histoires d’argent autour de l’achat du domaine par Paco il y a des années. Il y a des destins personnels, l’alcoolisme, le chômage. Il y a des vignerons qui demandent leur salaire. Il y a des blessures d’amour enfouies.

Il apparait que le rapt d’Ana n’est pas le fait de professionnels. Il implique probablement des proches, bien informés de secrets de famille si secrets que tout le monde, dans le village, les connaît. Everybody knows. Todos lo saben !

On est saisi par la maîtrise du réalisateur Asghar Farhani, qui parvient à maintenir le suspens pendant plus de deux heures, sans que le spectateur s’ennuie un instant. La plongée dans un village espagnol, la sonorité du castillan, la beauté et la qualité du jeu des acteurs et actrices, nous ont enchantés.