Guadeloupe, la mangrove

Racines de palétuviers roses dans la mangrove de Saint Rose

La construction de l’aéroport du Raizet et celle du centre commercial Jarry de La Guadeloupe se sont faites aux dépens de la mangrove, que Wikipedia définit comme « un écosystème de marais maritime incluant un groupement de végétaux principalement ligneux spécifique, ne se développant que dans la zone de balancement des marées appelée estran des côtes basses des régions tropicales.»

 Nous partons en excursion au port de Sainte Rose, petite station balnéaire au nord de l’île de Basse Terre. Nous nous déplaçons en zodiacs sous la responsabilité d’un chef d’expédition qui sera aussi notre conférencier en écologie du littoral. Lorsque nous approchons de la mangrove de l’estuaire de la Rivière à Moustiques, nous arrêtons les moteurs et les zodiacs sont amarrés les uns aux autres derrière celui de l’animateur.

 La mangrove joue un rôle primordial dans l’équilibre géologique des îles tropicales. Associée à la barrière de corail, elle fait barrage aux tempêtes océaniques et aux tsunamis ; elle protège la barrière de corail des alluvions charriés depuis les montagnes, qui menaceraient sans elle de l’étouffer.

 Nous observons les palétuviers, avec leurs longues racines aériennes enchevêtrées. Longues, ce qui leur permet d’adapter la hauteur de l’arbre au mouvement des marées ; enchevêtrées, ce qui rend l’arbre résistant aux vents et aux courants. Le système de reproduction du palétuvier est une merveille d’ingénierie naturelle : le vent, et non les insectes, est l’agent de la pollinisation ; les graines fécondées sont contenues dans une sorte de flotteur végétal qui peut dériver sur des dizaines de kilomètres jusqu’à trouver le lieu de germination idéal, à bonne profondeur.

 La dernière partie de la promenade est une plongée dans le lagon, proche de la barrière de corail. Dans l’eau translucide, c’est une symphonie de couleurs.

Le lagon à Sainte Rose