Hippocrate

« Hippocrate », film de Thomas Lilti, évoque les premiers pas d’un jeune interne à l’hôpital.

 Benjamin (Vincent Lacoste), 23 ans, entre comme interne dans le service d’hôpital dirigé par son père, le professeur Barois (Jacques Gamblin). Il est confronté à deux crises majeures. L’un de ses patients décède d’un infarctus, alors qu’il a négligé de pratiquer un électroencéphalogramme. L’une de ses patientes, une vieille dame en fin de vie est envoyée en réanimation alors qu’elle-même et sa famille avaient expressément demandé qu’on ne le fasse pas.

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Reda Kateb, Jacques Gamblin, Mariane Denicourt

Dans les deux cas, par faiblesse et par lâcheté, Benjamin accepte que sa faute professionnelle soit couverte par sa hiérarchie, au sommet de laquelle se trouve son père. Il implique un collègue, un médecin algérien « faisant fonction d’interne » : le docteur Abdel Rezzak (Reda Kateb). Les choses vont loin. Si Benjamin est verbalement blâmé, Abdel est sanctionné, ce qui met fin à sa carrière. Benjamin peut-il réagir ? Comment ?

 Le scénario trouve un juste équilibre entre des moments de légèreté et d’humour et d’autres où le tragique l’emporte. Un point fort du film est la description du milieu hospitalier. Thomas Lilti a été médecin, comme son père, avant de bifurquer vers le cinéma. « L’hôpital, dit-il, ce sont des hommes et des femmes qui s’y croisent, qui se côtoient. Les murs ne sont qu’un cocon. »

 Ce qui frappe le spectateur, c’est ce cocon où vivent infirmières et médecins, en particulier les internes. « Quand on est interne, dit Lilti, on passe 90% de son temps à l’hôpital. Tous les rites de la vie, les amitiés masculines, les histoires d’amour, la découverte de la responsabilité, le rapport à la mort, se passent dans son enceinte. » Tout cela en effet est bien présent dans son film.

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Vincent Lacoste dans le rôle de Benjamin