Immobilité et Changement au Royaume-Uni

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Les divers scrutins qui ont eu lieu en Grande Bretagne le 5 mai ont exprimé un non massif au changement du mode de scrutin, mais ont apporté un changement de taille : le Parti National Ecossais dispose désormais de la majorité absolue au Parlement régional, ce qui ouvre la voie à un referendum sur l’indépendance de l’Ecosse.

Comme citoyens de l’Union Européenne, les Français résidant en Grande Bretagne peuvent voter aux élections locales. Le fait que les élections se déroulent un jeudi n’est pas le seul objet d’étonnement. Il n’y a pas de contrôle d’identité, pas d’enveloppes, pas de bulletins multiples, pas de rideau d’isoloir. Pourtant il n’y a pas plus de fraude qu’en France, et les vrais-faux électeurs ne sont pas connus de ce côté de la Manche.

La proposition d’introduire le vote alternatif (la prise en compte du second choix des électeurs si le candidat arrivé en tête a obtenu moins de 50% des suffrages) a été rejetée par près de 70% des votants. Beaucoup d’électeurs ont voulu sanctionner ainsi le Parti Libéral Démocrate, coupable de s’être allié avec le Parti Conservateur et d’avoir renié un bon nombre de promesses électorales. La caricature de Steve Bell reproduite ici montre un bulletin à l’effigie de Nick Clegg, leader du parti, barré par la croix que les électeurs écrivent sur le bulletin de vote pour marquer leur choix. Au-delà de l’opportunisme politique, les Britanniques se sont révélés attachés au système du « premier à passer le poteau » qui, bien que manifestement inique, présente l’intérêt d’obliger les deux grands partis (Conservateur et Travailliste) à trouver en leur sein un équilibre entre les grands courants qui traversent la société et d’écarter extrémistes et populistes.

Le fait marquant des scrutins du 5 mai a été l’effondrement du Parti Travailliste dans son fief écossais. Le Scottish National Party a obtenu la majorité absolue au Parlement Ecossais. L’organisation d’un referendum sur l’indépendance de l’Ecosse est inscrite à son programme. Toutefois, un tel referendum n’est pas joué d’avance, comme l’a montré le referendum sur le vote alternatif que le Parti Libéral Démocrate avait imprudemment voulu organiser.

Illustration : caricature de Steve Bell, The Guardian, 5 mai 2011.