La bête curieuse

Arte TV a récemment diffusé « La bête curieuse », téléfilm de Laurent Perreau avec Laura Smet dans le rôle principal.

Céline (Laura Smet) a été incarcérée pendant huit ans pour homicide. Elle bénéficie d’un aménagement de peine : six mois de libération conditionnelle, dont les trois premiers sous bracelet électronique. Elle s’installe chez sa mère, qui a refait sa vie avec un homme et ses deux enfants, un adolescent qui passe le bac et une petite fille. Ils habitent un pavillon de banlieue parisienne.

Son beau-père a réussi, par relations, à la faire prendre à l’essai comme réceptionniste dans un hôtel Place Clichy. Nul ne connait son passé, pas même le manager. Elle se fait appeler Héloïse, prétend qu’elle revient de Lisbonne où elle a longtemps séjourné, qu’elle est mariée. Pour ses collègues de travail, « Héloïse » est une bête curieuse. Elle est murée dans le silence, sans cesse aux abois, tendue vers les échéances : dans trois mois le retrait du bracelet, dans six mois la vraie liberté. D’ici là, elle doit tenir, se protéger dans le mensonge.

Mais le mensonge la place dans une situation de fragilité. Peu à peu, elle tombe amoureuse d’Idir (Samir Guesmi), un médecin qui la conduit au travail en covoiturage. Une relation amoureuse peut-elle s’établir durablement si l’un des partenaires n’assume pas sa vie dans sa totalité ? Elle est harcelée par Vitrac (Laurent Poitremaux), un homme qui, fasciné par l’histoire de Céline, s’est promis de revivre avec elle l’enchaînement de viol et de meurtre qui lui a valu la prison.

« La bête curieuse » est un beau film que le téléspectateur traverse dans l’inconfort : que se passera-t-il lorsque le mensonge d’Héloïse s’effondrera ? Céline parviendra-t-elle à obtenir sa liberté ? Vitrac réussira-t-il à l’entraîner, de nouveau, dans la spirale de la violence.

 

Le sentiment d’oppression que suscite le bracelet électronique chez beaucoup de personnes sous main de justice qui le portent, est bien rendu par le film : « j’avais l‘impression d’avoir un flic en permanence avec moi, dit Laura Smet. C’est un stress épouvantable, car on passe sa vie à courir et à regarder sa montre pour être rentrée à l’heure. Mais étonnamment, il m’a beaucoup aidée. Sur le tournage, même quand ça ne se voyait pas, je portais ce bracelet. C’était un faux, bien sûr, mais il me rappelait que j’étais dans le personnage. »

« Dans ma jeunesse, étant la fille de… on m’a toujours regardé comme une bête curieuse », dit Laura Smet. Le rôle de Céline / Héloïse lui convenait particulièrement bien.