La fête du gras

L’alimentation est probablement devenue un marqueur de classe plus discriminant que la montre que l’on porte ou la voiture que l’on conduit.

 Professeur de surf au Cap Ferret, Frédéric observait que, sur la plage huppée où il exerce, tout le monde est mince. En contrepartie, il observait que dans la station plus socialement mêlée de Maubuisson, autour des cabanes à frites dénommées « chez ProutProut » ou, de manière audacieuse « Au fin gourmet », c’est la « fête du gras ». Hamburgers, chichis, hotdogs, sodas apportent leur dose de calories et de graisses au moindre prix.

 Les Rolex et les Porsche Cayenne marquent certainement l’appartenance au club des possédants. Mais tous les riches ne pratiquent pas l’ostentation. S’alimenter sainement, se maintenir en forme, garder la ligne est probablement devenu un indicateur plus sûr d’appartenance à l’élite que la possession d’objets de valeur.

 Illustration : affiche du film « Super size me de Morgan Spurlock, qui dénonçait en 2004 la « malbouffe ».