La Fondation Louis Vuitton

Le bâtiment créé par l’architecte américain Frank Gehry pour la Fondation Louis Vuitton est stupéfiant.

 On accède à la Fondation par le jardin d’acclimatation, le premier parc d’attraction créé en France, sous Napoléon III. Au premier coup d’œil, on reconnait à l’édifice un air de parenté avec le Guggenheim de Bilbao, un autre chef d’œuvre de Frank Gehry : d’amples volumes en courbes qui, loin de se superposer lourdement, semblent s’élancer dans une conquête harmonieuse de l’espace.

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Gehry révolutionne, dit la Fondation, « l’utilisation du verre pour donner vie à sa vision d’un bâtiment léger, lumineux et en mouvement destiné à s’intégrer harmonieusement à un parc de la fin du XIXe siècle et à abriter des œuvres d’art d’exception. S’écartant des approches classiques des facettes de verre, il a développé un façonnage révolutionnaire de ce matériau qui permet de courber au millimètre près et de façon différenciée chacun des 3600 panneaux des douze voiles de verre qui donnent son volume à l’ouvrage. »

 Lorsqu’il entre dans l’édifice, le visiteur croit en avoir fini avec les surprises. Elles ne font que commencer. À chaque instant, son regard est happé par la nouveauté : ici, une structure de verre portée par une mince poutre métallique incurvée ; là, une terrasse ouvrant sur un centre hippique avec, en arrière-fond, les tours de La Défense ; ici encore, des jeux d’eaux et de miroirs.

 Les galeries de collections permanentes de la Fondation n’ont pas encore toutes été aménagées. Dans la salle des Giacometti, un homme d’une soixantaine d’années clame haut et fort « il y en a, du fric, ici ! » Son épouse le rabroue vertement : « tu me dégoûtes ». C’est que le mauvais goût n’a pas droit de cité à la Fondation Louis Vuitton.

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