La force de Pâques

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Je suis sensible à la force des symboles de Pâques.

Ils nous parlent d’expériences humaines fondamentales : la traversée de la Mer Rouge après les années de servitude, le feu et la lumière après l’obscurité, l’arbre plein de sève après l’arbre mort de la croix, la résurrection après la mort.

Ils nous signalent une image de Dieu bouleversante : non pas Horloger, ou Juge, ou Seigneur. Mais un Dieu homme, et homme maltraité et torturé. Ils nous disent que Dieu, s’il existe, n’est pas immuable : il est transformation, mouvement, énergie, échange, amour. Transposé en langage philosophique par Hegel, cela signifie que Dieu est dialectique : l’idée éternelle a besoin de la matière périssable pour accéder à un stade supérieur de son être. Dieu est Trinité, et le seul péché qui ne peut être pardonné est le péché contre l’esprit.

Le Dieu que nous indiquent les symboles de Pâques est fondamentalement ennemi des religions, qui prétendent l’enfermer dans un dogme et dans des rites et qui, ce faisant, pèchent contre l’esprit. Le paradoxe est que la mémoire de Pâques nous est transmise par des organisations religieuses.

Est-il fatal que le souffle prophétique de l’événement pascal ne nous soit accessible que sous la forme d’un dogme ? Est-il fatal que l’extraordinaire histoire rapportée par les disciples de Jésus, interprétée non comme une vérité révélée mais comme un sommet parmi d’autres de la sagesse humaine, se dissolve dans l’oubli si elle n’est pas structurée par des prêtres et des théologiens comme un corps de doctrine ?

Illustration : cierge pascal, www.liturgiecatholique.fr