La Révolution des Cercles

Dans « La Révolution des Cercles » (éditions Sépia, 2013), Jérôme Cazes propose aux chefs d’entreprise, en particulier les dirigeants de PME, une méthode pour maîtriser leur communication.

 Le titre du livre, « la Révolution des Cercles », est en lui-même une trouvaille de communication. Il frise en effet le pléonasme : au sens premier, la révolution est le mouvement complet qu’effectue un corps sur une orbite elliptique ou circulaire. Et il touche à son contraire, l’oxymore : la révolution comme mouvement social renversant l’ordre ancien ne s’accommoderait guère de l’image du cercle, matrice originelle et rassurante ! « La révolution des cercles » suggère que la communication du chef d’entreprise est toujours en équilibre entre des contraires.

 

Les Cercles, figure fondamentale dans l'art aborigène. Exposition au Musée d'Aquitaine, Bordeaux

Les Cercles, figure fondamentale dans l’art aborigène.

 

Comment présenter efficacement son entreprise quand les vents tournent et peuvent – en situation de crise – se révéler carrément contraires ? La réponse de Jérôme Cazes est que c’est lorsque les choses vont bien qu’il faut s’habituer à communiquer, et qu’il convient de se doter d’une méthode et d’un outil pour le faire efficacement.

 La méthode est celle des cercles. Un cercle, c’est la rencontre entre une cible de communication et un ensemble de documents pré-formatés et constamment mis à jour. Les cibles de communication, ce sont toutes les personnes qui ont une influence sur la vie de l’entreprise et son avenir : personnel, banquiers, commissaires aux comptes, actionnaires, fournisseurs, acheteurs, assureurs-crédit ou affactureurs. Les documents, ce sont des informations chiffrées ou stratégiques que l’on s’efforce de rendre aussi synthétiques que possible, que l’on actualise en permanence et que l’on classe par niveau de confidentialité.

 L’outil est un logiciel, « MyCercle », qui permet aux chefs d’entreprise d’entreposer les présentations de son organisation, de définir quels destinataires pourront accéder à telle ou telle de ces présentations, de leur donner accès à ces présentations via « web service », de garder la trace de leurs consultations et de nourrir un dialogue via une messagerie sécurisée.

 Si l’outil est en phase de lancement, la méthode est énoncée sous la forme de 55 conseils dans « la Révolution des Cercles ». Le livre est fondé sur l’expérience de l’auteur comme manager d’une grande organisation devenue internationale, avec un cocktail très personnel mêlant un enthousiasme communicatif et la défiance à l’égard de toute naïveté. J’en cite deux échantillons.

 « Combien d’avocats de la transparence ai-je entendu expliquer que tout dire à tout le monde était une stratégie efficace pour une entreprise, que nous vivions désormais à l’époque de la « transparence ». C’est naïf ou c’est stupide. D’ailleurs, les mêmes qui vous conseillent la transparence sont terrorisés quand leurs enfants « montrent tout » sur Facebook. Oui, il faut en dire plus qu’autrefois. Mais il est inutile d’en dire trop d’emblée, même à des partenaires. » (…)

 « Le banquier (comme l’assureur) vit dans la hantise de l’accident : il connait peu de choses sur votre vraie activité, mais il a en tête un nombre infiniment plus grand d’accidents que vous (…)  Votre banquier déteste ce qui est nouveau pour vous : nouveauté égale risque. Il faut en tenir compte dans vos présentations et toujours vous demander : qu’est-ce qui va l’inquiéter dans ce que je lui dis ? ».

 « La Révolution des Cercles » a pour sous-titre « 55 bonnes pratiques pour parler de votre entreprise à ceux qui comptent vraiment ». Sa conclusion est « investissons dans la confiance », celle que donne une communication constante et maîtrisée.