Le gamin au vélo

« Le gamin au vélo », film de Jean-Pierre et Luc Dardenne (2011) vient de sortir sur les écrans londoniens. Il raconte une magnifique histoire de désespoir et de rédemption.

 Cyril (Thomas Doret), 11 ans, a été placé « provisoirement » dans un centre d’accueil par son père qui doit refaire sa vie. Ecorché vif, il a une obsession : retrouver son père et sa bicyclette que son père n’a pas manqué de garder pour lui. Il mène la vie dure aux éducateurs et parvient enfin à fuguer. La réalité est cruelle : son père (Jérémie Rénier) a déménagé, il a vendu son vélo et est bien décidé à l’annuler totalement de sa nouvelle vie. Le môme ne demande pas grand-chose, ne serait-ce qu’une conversation téléphonique par semaine, mais il est irrévocablement exclu.

 Samantha (Cécile de France) est coiffeuse dans le quartier où habitaient Cyril et son père, dans la banlieue de Liège. Elle rachète le vélo de Cyril ; il lui demande de lui servir de famille d’accueil le week-end. La vie commune tourne à l’enfer. C’est un père que cherche Cyril, pas une maman. Il se laisse séduire par un père de substitution, le caïd du quartier, Wes (Egon di Mateo). Cyril est prêt à tout pour gagner la confiance de Wes, y compris agresser le buraliste pour lui voler sa recette.

 La petite vie de Cyril tourne au cauchemar. L’agression du buraliste ne se passe pas comme prévu et la police identifie le jeune coupable et son commanditaire. Mais Samantha ne lâche pas. Sommée par son fiancé de choisir entre lui et l’insupportable gamin, elle choisit ce dernier. Nous ne saurons rien de ses motivations. Mais elle l’accompagne dans son épreuve et négocie un accord avec le buraliste. Cyril apprend le pardon, celui que l’on demande, et aussi celui que l’on accorde.

 Le film s’achève sur une allégorie cycliste. Samantha et Cyril pédalent sur les rives de la Meuse. Dans un moment de grâce, ils échangent leurs vélos.

 Photo du film « le gamin au vélo ».