Le « Mad Professor » a pour horizon le monde

Dans The Guardian du 14 juin, Peter Wilby trace le portrait de Michael Barber, surnommé « the Mad Professor ») le professeur fou, qui fut l’éminence grise de Tony Blair en matière d’enseignement.

 Agé de 55 ans, Michael Barber a enseigné à Watford (Hertfordshire) et au Zimbabwe, fit un court passage dans la politique locale au sein du Parti Travailliste, puis fut conseiller du New Labour en matière d’enseignement. La politique suivie consista à imposer des connaissances de base pour la maîtrise du langage (« litteracy ») et du calcul (« numeracy ») ainsi que des indicateurs de performance ; elle fut ressentie comme dictatoriale et largement rejetée par le corps enseignant.

 Barber quitta ses fonctions en 2005 pour le cabinet de consultant mondialement renommé Mc Kinsey don la devise officieuse, selon Peter Wilby, pourrait être la sienne : « tout peut être mesuré, et ce qui se mesure peut être géré. »

 Barber a été nommé « head of global education practice » à Mc Kinsey (responsable du département d’éducation mondiale) et a créé aux Etats Unis une « education delivery unit » sue le modèle de la structure instituée par Blair pour mettre en œuvre la réforme de l’enseignement). Il est co-auteur de livres qui entendent mettre en lumière les conditions de succès pour les systèmes nationaux d’enseignement, et il assure la coprésidence d’un groupe de travail au Pakistan pour établir des standards fondamentaux pour l’enseignement de base. Il vient de devenir conseiller pour les questions d’éducation du groupe Pearson, le propriétaire de Penguin Books et du Financial Times qui est, selon sa propre description « la compagnie leader mondiale dans la formation » avec une présence dans 70 pays, y compris dans l’enseignement primaire au Kenya et l’enseignement supérieur en Afrique du Sud.

 Né à Liverpool dans une famille Quaker prospère, Michael Barber ne croit plus en Dieu ni en un pacifisme absolu. Mais il affirme que les valeurs Quakers guident encore sa vie, en particulier la croyance que « vous êtes sur la planète pour faire une différence ».

 Il s’agit d’une personnalité intéressante, à la fois par le contraste entre ses origines religieuses et idéalistes et une approche presque statistique de l’éducation et par sa volonté d’avoir une vision mondiale des questions d’enseignement.

 En écrivant cet article, je me rends compte de la difficulté de traduire d’une langue à l’autre les concepts relatifs à l’éducation. L’anglais utilise le concept de « education », qui couvre à la fois l’enseignement au sens strict et l’éducation au sens large. Il parle aussi de « learning », qui peut se traduire par apprentissage ou formation, mais vu du côté de celui qui apprend et non du côté du maître de stage ou du formateur, comme ce serait le cas en français.

 Photo « the Guardian » : Michael Barber.