Le musée de l’histoire maritime de Bordeaux

Un « musée d’histoire maritime de Bordeaux » s’est ouvert il y a quelques mois dans le quartier des Chartons, qui fut celui des négociants en vin.

Bordeaux compte trois musées consacrés à son histoire maritime et commerciale : le musée national des douanes, le musée du vin et du négoce et, tout proche de celui-ci, rue Borie, le musée d’histoire maritime de Bordeaux.

Le musée d’histoire maritime présente un parcours chronologique. L’une des premières vitrines est consacrée aux invasions vikings, en plusieurs vagues depuis 840 jusqu’à ce que le Comte de Gascogne y mît fin en 842. Les envahisseurs remontaient la Garonne et se livraient au pillage : Agen et Toulouse (844), Bordeaux (848), Périgueux (849), Auch (850).

Coque d’une gabarre

Le premier âge d’or de Bordeaux fut le règne d’Aliénor d’Aquitaine, au douzième siècle qui, par les « Rôles d’Oléron », fonda les bases du droit maritime (et par extension aérien) actuel. Pendant les trois siècles de souveraineté anglaise en Aquitaine, Bordeaux fut le centre d’un fructueux négoce de vins, initialement produits dans des régions méditerranéennes, puis dans sa région.

Une intéressante vitrine est consacrée aux Corsaires, de 1692 à 1815. Il s’agissait en fait de l’usage par le pouvoir d’une force armée navale privée. Un armateur privé recevait du Roi une « lettre de marque » ou « lettre de course » l’autorisant à arraisonner des navires ennemis, à s’approprier sa cargaison et à la vendre.

Une bonne partie du musée est consacrée aux familles qui ont développé le commerce maritime à Bordeaux : Le Quellec avec le guano du Chili ; Bordes, avec la pêche industrielle à la morue ; les frères Denis avec le riz de Cochinchine ; Ballande avec le nickel de Nouvelle-Calédonie ; Marcel et Prom avec l’arachide du Sénégal. Le commerce triangulaire (pacotille d’Europe vendue contre esclaves d’Afrique, vendus contre du coton et du sucre d’Amérique) est évoqué.

Plan de l’estuaire de la Gironde

Une intéressante vidéo montre des scènes d’activité portuaire dans le port de Bordeaux dans la première moitié du vingtième siècle. Elle se déroulait alors adossée aux hangars aujourd’hui destinés au shopping. On y voit des dockers décharger des sacs et charger des tonneaux, et des paquebots accoster en provenance d’Amérique du sud.

Le port de Bordeaux a aujourd’hui migré en aval, sur l’estuaire. Restent quelques navires de croisière qui accostent à la belle saison, plusieurs bateaux de croisière fluviale et les minuscules « bat’cub », navette fluviale appréciée des touristes. Le musée permet d’aviver la mémoire d’un temps où le port était le cœur de la cité.