Le temps d’un weekend

Arte TV a diffusé récemment « le temps d’un weekend », réalisé par Martin Brest en 1992, pour lequel Al Pacino obtint l’Oscar du meilleur acteur.

 Ce film est le remake de « Parfum de femme » de Dino Risi (1974) dans un contexte typiquement américain. Le lieutenant colonel Franck Slade (Al Pacino) est ancien combattant du Vietnam et ancien agent des services secrets, rendu aveugle et insupportablement misanthrope par l’explosion d’une grenade. Charlie Sinns (Chris O’Donnell) est élève dans un lycée élitiste de Boston. Issu d’un milieu modeste, boursier, lorsqu’une affaire de discipline éclate, il semble voué à servir de bouc émissaire.

 150223_Temps_d-un_weekend3

La fête familiale de Thanksgiving donne à Charlie l’occasion de gagner un peu d’argent. Il servira d’homme de compagnie à Slade le temps d’un weekend. À sa surprise, celui-ci l’entraîne à New-York. Le plan du lieutenant colonel se révèle peu à peu. Il entend vivre un dernier week-end fastueux et goûter à profusion les belles choses de la vie : un palace, de l’excellent vin, des femmes parfumées. Et puis se suicider en grand uniforme.

 D’abord révulsé par les manières brutales et méprisantes de Slade, Charlie est peu à peu séduit par cet homme qui distingue infailliblement le parfum d’une jeune femme, sait l’aborder, danse avec elle un merveilleux tango. Il y a un seul rêve que Slade ne peut réaliser : conduire une Ferrari. Charlie lui en offrira la possibilité, au péril de leurs vies. Slade, de son côté, se fera l’avocat de Charlie au cours du conseil de discipline où il est déféré en présence de tous les élèves du lycée.

 Le film ruisselle de bons sentiments, la finesse d’une âme sous des apparences de brute, la loyauté récompensée du jeune élève injustement accusé, la bonté fondamentale du système américain de production des élites. Il vaut surtout pour des moments de grâce : le tango, la Ferrari, la plaidoirie de Slade : « Oh ! J’en ai vu des choses, vous savez ! Il fut un temps où je n’étais pas aveugle… Un temps où j’ai vu des gamins comme ceux-là – et plus jeunes que ceux-là – les jambes arrachées, les bras déchiquetés par les bombes ! Mais il n’y a rien de pire que le spectacle de l’amputation d’un esprit ! »