Lecce, joyau baroque

La ville de Lecce, dans la région italienne des Pouilles, est un joyau de l’art baroque.

 En ce premier weekend de juin, la ville de Lecce (100 000 habitants) est en proie à une agitation fébrile. C’est la fête de la République, et après la cérémonie au monument aux morts, un cortège officiel parcourt les rues de la ville médiévale. Des milliers de touristes, italiens et de nombreuses nationalités, battent le pavé.

La ville connut un grand essor après que la bataille de Lépante (1571) eut écarté la menace des incursions ottomanes. L’architecte Giuseppe Zimbaro (1617 – 1710) construisit les plus beaux monuments religieux de la ville, en particulier le Duomo (cathédrale).

Lecce était sous domination espagnole. Mais son baroque est beaucoup plus léger et joyeux que celui de la Péninsule ibérique. Ici, des façades qui, comme en Sicile, jouent avec la lumière par des contrastes de convexe et de concave et par des excroissances de pierre qui réfléchissent le soleil à toute heure. Là, un art davantage exposé à l’intérieur des édifices, avec une profusion d’images et, parmi ces images, une forte tendance doloriste.

Le contexte était différent. Dans la Péninsule ibérique, on cherchait à extirper des siècles de domination musulmane. On ne mégotait ni sur les représentations du divin, ni sur la mise en scène des souffrances de l’homme-dieu. Lecce vivait dans la proximité de Rome ; on cherchait à montrer aux croyants une église sûre d’elle-même et porteuse de félicité.

Il est un art spécifique à Lecce, celui des personnages en papier mâché. Quelques ateliers en produisent encore artisanalement. Beaucoup d’entre eux sont religieux. Ils ont connu une diffusion rapide, principalement dans le monde religieux dans le sillage de la multiplication des crèches de Noël. Le coût relativement modique de ces « santons » à la mode napolitaine leur assurait un marché considérable.

Ville d’une religiosité euphorisante, Lecce mérite le détour.