Les 40 ans du code postal britannique

Royal Mail, le service postal britannique, commémore les quarante ans de l’attribution des codes postaux.

 A un européen continental, le code postal britannique semble particulièrement complexe. Il se compose d’une suite de lettres et de chiffres, comme l’immatriculation d’un véhicule. Un premier groupe (généralement une ou deux lettres suivies d’un ou deux chiffres, mais pas toujours !) caractérise une ville de taille significative et, dans cette ville ou alentour, un quartier. Un second groupe de chiffres et de lettres identifie un groupe d’habitations dans cette ville ou sa périphérie. A Watford (Hertfordshire), notre code postal était WD18 7BN.

Royal Mail postman

Le code postal ne précède pas le nom de la ville, comme dans le système français ou belge. Il occupe une ligne à part sur l’adresse. Normalement, pour qu’une lettre parvienne à son destinataire, son nom et son code postal doivent suffire.

 Le système est extrêmement précis : un code postal ne couvre en moyenne que 17 adresses, et concerne 29 millions d’adresses en Grande Bretagne. Pour cela, il s’avère très utile et fiable pour la navigation par GPS. En saisissant cette information, on arrive à coup sûr dans le quartier de la personne que l’on visite. Les tracas ne commencent qu’ensuite lorsqu’il faut trouver sa maison, toute pareille aux autres, alors qu’elle ne porte généralement pas de numéro, que la numérotation ne suit pas nécessairement un ordre croissant ou décroissant et que l’on trouve des numéros pairs et impairs des deux côtés de la chaussée !

 Jusqu’à l’invention du code postal, la division sociale se faisait par comtés (counties). Celui-ci était un comté « posh », celui-là un comté populaire. C’est maintenant le code postal qui trace des frontières, qui délimitent des îlots plus petits. Dans une même rue, des maisons identiques vont se vendre à des prix différents selon que le code postal est chic ou trivial.

 A l’occasion du quarantième anniversaire du code postal, Royal Mail a publié une grande enquête sociologique en mesurant les caractéristiques de la population selon le critère des codes postaux. Cinq caractéristiques ont ainsi été passées au crible : santé et bien-être, travail et emploi, coût de la vie, délits et sécurité, et enfin mariage et taux de natalité. Certains résultats sont sans surprise : par exemple, les gens qui mènent la vie la plus saine sont à SW1X, au centre de Londres. D’autres sont plus étonnants. C’est ainsi que B1 (Birmingham) a la population la plus jeune, 22 ans en moyenne, et que B3 (également Birmingham) a le taux d’emploi le plus élevé de Grande Bretagne, hormis Londres. On France, on aurait dit : le taux de chômage le plus faible !

 Source de cet article : The Guardian des 12 et 13 avril (Holly Baxter et Billy Ehrenberg)